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Proposé par

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La mondialisation
12 questions
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5.3.2009
Quelle est la raison principale qui a poussé le monde à mondialiser, à consommer, à croitre serait-elle la nature humaine ? Les partis politiques ? Les religions ? (Nors, 38 ans)
Les causes de la mondialisation sont multiples parce que celle-ci nest pas la conséquence de lintention dune nation particulière, dun groupe économique particulier ou encore moins dune personne. La mondialisation cest linterconnexion des lieux de la planète résultant dune série dinitiatives et daction dans des domaines très divers. Cette interconnexion nest donc pas uniquement la conséquence dune propension à croître ou à consommer, comme le sous-entend votre question. Elle lest, certes, partiellement puisque le développement des échanges économiques est un des moteurs de la globalisation (qui représente la dimension économique de la mondialisation). Mais la volonté de propager une foi religieuse ou une doctrine politique constitue aussi un moteur de cette interconnexion. Lempire romain va en étendant sa domination militaire et politique mettre en relation Avenches et Rome par exemple.
Il faut donc voir dans la mondialisation un processus, toujours en cours, intentionnel pour certaines de ses dimensions et non intentionnel pour dautres.
Ola Söderström
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11.2.2009
Aujourd'hui au Téléjournal, on nous annoncait que Coop et Migros faisaient des baisses de prix; or ces baisses sont principalement faites par les producteurs. Action de 3+1, 2+1 des marques comme CocA Omo etc. pourquoi et comment donne-t-on tout le bon côté à Coop et Migro? (roger, 49 ans)
Si je comprends bien la question qui est posée ici, il sagit de comprendre comment se répartit la baisse (ou la hausse) du prix dun produit de consommation tout au long de sa chaîne de production.
Il faut tout dabord, rappeler que, dans une logique économique, chaque acteur situé le long de ce qui est appelé la chaîne de production dun produit apporte une valeur ajoutée qui lui procure un bénéfice. Par exemple, un agriculteur produit du lait, le vend à un fromagé qui le transforme et le vend ensuite à un magasin qui le vend finalement à un consommateur final. Le prix du fromage dans le rayon du magasin représente ainsi lensemble de la valeur ajoutée apportée par chacun des acteurs (prix du lait + prix de la transformation + prix de la distribution). Dans lidéal le bénéfice que chacun reçoit pour son travail doit refléter la part de valeur ajoutée quil apporte au produit.
En réalité, la répartition des bénéfices donne lieu à des rapports de pouvoir et des jeux de négociation. Dans une économie libérale le pouvoir de négociation dans le partage des bénéfices est fortement lié à la capacité dêtre irremplaçable (avoir une position de monopole). Ainsi, si le distributeur final est irremplaçable, comme cest très souvent le cas chez nous (les agriculteurs et les fromagers, par exemple, on besoin de Coop ou Migro pour écouler leur produits), celui-ci aura un fort pouvoir de négociation et pourra maximiser ses bénéfices. A linverse, si le producteur est remplaçable comme cest le cas dun producteur de lait qui est confronté à la concurrence étrangère, il est beaucoup moins en position de négocier la répartition des bénéfices le long de la chaine de production.
La répartition de la valeur ajoutée dun produit est donc soumise à des enjeux de pouvoir. Pour cette raison, certaines organisations sont apparues dans le but de changer certains rapports de force. Cest par exemple la constitution dinterprofessions regroupant des agriculteurs et des fromagers pour produire un fromage AOC et ainsi se rendre plus difficilement remplaçable. Nous voyons aussi que larrivée de nouveaux concurrents tels quAldi ou Lidl met la pression sur Coop et Migro qui deviennent, à leur tour, remplaçables. Les rapports de pouvoir peuvent ainsi un peu changer. Cest le jeu basique de la concurrence de marché. Dans le journal « Le Temps » du jeudi 8 janvier 2009, deux articles présentent cela très bien.
Lexemple, donné ici par la question, parle de grands groupes de producteur comme Coca Cola. Il est certain quune multinationale comme Coca Cola a des forts moyens de négociation face à un distributeur tel que Coop. Cette négociation est certainement beaucoup plus déséquilibrée dans le cas de petits producteurs exposés à la concurrence mondiale.
Il faut également relever que, toujours davantage, le consommateur devient un maillon actif dans la chaîne de production. Par ses exigences de qualité, ses exigences dauthenticité, par son respect de certaines valeurs sociales ou environnementales, il peu influencer les rapports de pouvoir. Cest pour cette raison, que la création de certains label (AOC, IGP, « commerce équitable », Bio, etc.) a donné dans une certaine mesure un pouvoir de négociation un peu plus grand aux producteurs (devenu ainsi plus difficilement remplaçables). Mais encore une fois, la répartition du bénéfice engendré par un label est également soumise à un jeu de pouvoir comme pour le reste.
Finalement, il ne faut pas oublier que, parfois, une manière pour le consommateur de profiter de prix plus bas est de raccourcir la chaîne de production. Acheter ses légumes au marché est par exemple un moyen déviter la marge encaissée par les grands distributeurs. Certes, ce phénomène reste très rare en Suisse. Néanmoins, dans certains pays dEurope comme en Angleterre, les marchés de légumes ou les marchés fermiers sont devenus très attractifs. Ils deviennent un nouveau phénomène de société (mode de consommation) mais aussi un phénomène économique (le prix de légumes au marché est très compétitif). Nul doute que cela a un impact sur la marge de bénéfice faites par les grands distributeurs.
Hugues Jeannerat, doctorant. Groupe de recherche en économie territoriale. Université de Neuchâtel
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20.1.2009
Comment la diversité des cultures survivra-t-elle à la mondialisation? (Gilbert, 27 ans)
C'est une question intéressante à laquelle différentes réponses se prêtent. Si j'interprète bien votre question, vous partez implicitement de l'idée qu'une mondialisation aura globalement comme résultat une homogénéisation culturelle ou une 'disparition' des cultures. Cette idée avait ses défenseurs dans le monde des sciences sociales: selon une approche classique la globalisation a pour conséquence la standardisation et la commercialisation. La vision est ici celle dun monde complètement imprégné et homogénéisé par les idées de lOccident. Ces auteurs sont davis que lOuest a un grand pouvoir pour diffuser des idées issues de cette partie du monde et ils projettent donc lexpansion dune forme de modernité homogénisante. Ces auteurs parlent de « Westernisation » ou « Americanisation », mais ils utilisent aussi les mots clés de « McDonalisation et Coca-colisation » pour montrer le danger dhomogénéisation culturelle. La critique la plus forte est que les idées qui circulent globalement, par exemple par la télévision, viennent de lOuest et que leurs auteurs réfutent toute alternative.
Dautres auteurs rejettent lhypothèse de cette homogénéisation culturelle et proposent deux idées alternatives importantes: ils insistent dabord sur le fait que la mondialisation engendre la créativité et l'hétérogénéité culturelle. Ils expliquent ce fait par lobservation de processus de créolisation et dhybridation. Cela signifie qu'ils sont face à un mélange déléments globaux et locaux ayant pour effet lapparition de nouvelles formes culturelles (p.ex. l'ethno-musique). Dans cette façon de penser, on part de lidée que des symboles globaux (montrés par exemple à la télévision) sont adaptés localement de manière très différente, selon ce quil y avait avant et selon le contexte. Des contenus similaires diffusés par la télévision sont donc perçus différemment par des personnes au Kenya, à Bangkok ou encore dans un petit village de Nouvelle-Zélande. La rencontre entre les idées diffusées et les idées locales engendrent de nouvelles formes culturelles - et dans ce contexte de mondialisation, la créativité culturelle serait donc augmentée.
Ces auteurs rejettent ensuite l'idée qu'il existerait quelque chose comme des "cultures" bien délimitées, stables et éternelles, qui imprégneraient la manière de penser et dagir des personnes, comme un bagage dont on ne pourrait pas se débarrasser. Au contraire, ces auteurs proposent de comprendre qu'une 'culture' authentique et stable avec des frontières bien délimitées n'a jamais existé mais que la manière de voir et dinterpréter le monde (ce qui est la culture) est constamment en mouvement même au sein d'un groupe bien défini. La diversité culturelle n'est ainsi pas en danger, puisque toute culture est toujours le résultat temporaire des différentes influences et est en mouvement de manière permanente.
Prof. Janine Dahinden. Maison d'Analyse des Processus Sociaux. Université de Neuchâtel
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5.1.2009
Bonjour,
quels sont les facteurs qui ont favorisés la mondialisation? (fleury, 19 ans)
Bonjour,
Merci pour votre question! Celle-ci a déjà été posée dans ce forum. Je vous propose donc d'aller consulter la réponse du Prof. Ola Söderström donnée le 6 novembre 2008.
Meilleures salutations!
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8.12.2008
La crise aujourdhui est du à la mondialisation? (Eliott, 13 ans)
Bonjour Eliott,
Cette question a déjà été posée dans le forum mondialisation, section adulte. Je te propose donc d'aller consulter la réponse du Dr. Olivier Crevoisier.
Merci!
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4.12.2008
Quelles sont les contraintes de la télévision dans la mondialisation? (riama, 23 ans)
Vous posez une question qui a été largement discutée dans le monde académique pendant les derniers vingt ans. Cest en principe la question suivante qui se pose ; est-ce que la mondialisation a globalement comme résultat une homogénéisation culturelle ou engendre-t-elle une créativité culturelle augmentée ? Et quel rôle jouent les média donc la télévision dans ces processus ?
Les deux vues avaient leur défenseurs : Selon une approche classique de la gauche qui sest laissée inspirer par lécole de Francfort (Adorno) et / ou par des idées marxistes, une globalisation a pour conséquence une standardisation et une commercialisation. La vision est ici celle dune monde complètement imprégné et homogénéisé par les idées de lOuest : Ces auteurs postulent que les médias de lOuest dont la télévision ont un grand pouvoir de diffusion des idées issues de cette partie du monde et ils projettent donc la diffusion dune forme de modernité homogénéisante. Ces auteurs parlent de « Westernization » ou « Americanisation », mais ils utilisent aussi les mots clés de « McDonalisation, Coca-colisation » pour montrer le danger dhomogénéisation culturelle. La critique la plus forte est que les idées qui circulent globalement, par exemple par la télévision, viennent de lOuest et les auteurs refoulent des alternatives.
Dautres auteurs rejettent lhypothèse de lhomogénéisation culturelle. A l'inverse, ce courant insiste sur le fait que la mondialisation engendre la créativité et l'hétérogénéité culturelle. Ils expliquent ce fait par des processus de créolisation et dhybridation quils/elles observent. Cela veut dire qu'ils observent un mélange des éléments globaux et locaux avec pour effet lapparition de nouvelles formes culturelles. Dans cette façon de penser, on part de lidée que des symboles globaux (portés par exemple par la télévision) sont adaptés localement de manières très différentes, selon ce quil y avait avant et selon le contexte. Donc, des contenus similaires diffusés par la télévision (du centre) sont perçus différemment par des personnes au Kenya, à Bangkok ou encore dans un petit village en Nouvelle Zélande. Le rencontre entre les idées diffusées et les idées locales engendrent donc des nouvelles formes culturelles.
Aujourdhui la situation devient encore plus complexe, vu quil nexiste plus un seul centre en termes de production des programmes de télévision, mais plusieurs.
Prof. Janine Dahinden. Maison d'Analyse des Processus Sociaux, Université de Neuchâtel.
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26.11.2008
quels sont les caractères positifs et négatifs de la mondialisation? (fréd, 17 ans)
Bonjour,
Cette question a déjà été posée dans ce forum. Je vous propose donc d'aller consulter la réponse qui a été donnée par le Prof.Ola Söderström le 6 novembre 2008.
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26.11.2008
La mondialisation est-elle bénéfique à tous les pays? (lolorenza, 18 ans)
Schématiquement, le principe économique régissant la mondialisation - qui est en fait une accélération et une amplification dans échanges entre différents partenaires commerciaux autour du globe - est de favoriser la spécialisation de chaque pays dans un domaine ou il possède un avantage comparatif. Lidée derrière cette conception économique est que, si les différentes parties commerçantes - en loccurrence les différentes nations - se spécialisent dans un type de production plutôt que de disperser leurs forces dans tous les activités à la fois, la complémentarité des échanges dégagera une plus-value. Cest en quelque sorte lidée de diviser les activités pour être plus efficace.
C'est ainsi que, par exemple, certains pays d'Amériques Latine échangent sur le marché mondial plutôt des produits agricoles alors que les pays occidentaux se concentrent sur la production de produits manufacturés à haute valeur ajouté. Peu à peu les nations sont donc devenues beaucoup plus interdépendantes et beaucoup moins autarciques. Idéalement, dans une telle perspective la plus-value engendrée par la mondialisation se redistribue entre les différentes parties à léchange. Toutefois, ce phénomène n'est pas parfait car de nombreux rapport de pouvoir concernant la redistribution de cette plus-value globale existent et des inégalités demeurent.
Pour maintenir leur train de vie les nations occidentales se sont petit à petit focalisées sur la production de biens et services à forte valeur ajoutée basée sur une suprématie technologique (biotechnologie, aéronautique, etc.), culturelles (branding et marketing) et financière (services financiers et assurances). Une course aux savoirs sest engagée et, progressivement, les activités purement industrielles ont été délocalisées. Cette course aux savoirs sest par exemple illustrée au travers de certaines politiques cherchant à former et recruter les meilleurs chercheurs de différents pays pour bénéficier de leur compétence et ainsi rester compétitif (certain auteurs parlent de « brain drain »). Parallèlement à cela, de nombreux outils financiers ou institutions financières ont été développés pour permettre des investissements plus aisés à léchelle planétaire. Aussi, les pays développés ont développé de nombreux services dans ce domaine permettant de créer une forte valeur ajoutée. Ainsi, une concentration des savoirs et de la finance est apparue dans ce que nous appelons couramment les pays développés (Europe, Etats-Unis, Japon, etc.). En grande partie, cette accumulation, source de pouvoir, a permis à ces nations de garder un contrôle sur le marché international et de pouvoir soctroyer une grande part de la plus-value créée par la mondialisation.
Certes, certains nouveaux pays sont parvenus à en bénéficier. Les cas les plus souvent cité sont ceux de la Chine, de lInde, de la Russie et du Brésil. Annalee Saxenian (The New Argonauts: Regional Advantage In A Global Economy, 2007) explique par exemple comment certaines régions de Chine et dInde sont parvenues également à entrer dans le jeu de la course aux savoirs en profitant du retour de chercheurs indigènes ayant étudié et pratiqué quelque temps aux Etats-Unis. Toutefois, ce phénomène ne remet pas fondamentalement en question le fait que les bénéfices de la mondialisation sont redistribués inégalitairement. Il montre simplement lapparition de nouveaux acteurs le long de la hiérarchie de nations commerçantes.
Finalement, il ne faudrait surtout pas oublier que le phénomène qui vient dêtre décrit à léchelle des Etat-Nations est également vrai à léchelle des régions. En effets, laccumulation des savoirs et de la finance a laissé pour compte de nombreuses régions au sein de pays. Le cas des régions de lautomobile aux Etats-Unis en est un bel exemple. De même, gardons à lesprit que dans les pays en transition, cest surtout quelques régions urbaines qui tirent le meilleur profit de la mondialisation. Il en est de même pour la concentration du pouvoir financier dans un petit nombre de villes interconnectées (Saskia Sassen, The Global City, 2001).
Il est très difficile de dire si la mondialisation est bénéfique à tous les pays. Certainement a-t-elle permis une croissance économique sans précédant à un niveau mondial. Cependant, cette plus-value sest faite en grande partie sur lexploitation de ressources naturelles dont le coût sur lenvironnement global a certainement été sous-estimé. Une chose semble toutefois claire, et la crise financière actuelle est là pour le rappeler, les pays du globe sont devenus extrêmement interdépendants. Et si la répartition des bénéfices de la mondialisation restera discutée, le partage de ses problèmes est incontestable.
Hugues Jeannerat, doctorant. Institut de Sociologie, Université de Neuchâtel.
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17.11.2008
Bonjour, je voudrais savoir quels sont les facteurs principaux qui ont permis la mondialisation .
Les aspects positifs et negatifs ? (Julien, 16 ans)
Il sagit dabord de définir la mondialisation . La mondialisation est un processus qui conduit à une interconnexion et une interdépendance de plus en plus importantes des lieux de la planète. Elle conduit à ce que le monde soit envisagé comme un tout. La mondialisation nest pas un phénomène récent. Elle commence avec les débuts de lhominisation, lorsque lespèce humaine quitte lAfrique pour coloniser peu à peu lensemble de la planète (il y a environ 90'000 ans). Ce à quoi nous assistons depuis trente ans, cest à une accélération de ce processus, notamment sous leffet de la globalisation. Cette dernière correspond aux dimensions économiques de la mondialisation . La globalisation sest accélérée en raison de louverture des marchés (décision politique consistant à déréguler les échanges économiques et notamment à lever les barrières douanières) et du développement de nouvelles technologies (télécommunications, Internet) au début des années 1980.
La mondialisation correspond à des phénomènes très variés (globalisation, tourisme, migrations, etc.). La liste des aspects positifs et négatifs serait donc interminable. Par ailleurs, ce qui est positif et négatif dépend du point de vue, des valeurs et des positions politiques de chacun. La mondialisation dirigée par lEurope entre le 15e et le 20e siècle sous la forme dexpéditions coloniales et de conquêtes territoriales dans les pays du Sud a, par exemple, été économiquement très favorable aux pays européens. Par contre, elle a été, en grande partie, dévastatrice pour les pays du Sud.
Dans le domaine des droits politiques, la mondialisation a apporté des effets plus clairement positifs. La déclaration universelle des droits de lhomme, adoptée par les Nations Unies en 1948, offre ainsi des bases permettant à toute personne sur terre de mieux défendre ses droits. La création dans les années 1990 du Tribunal Pénal International a permis de faire un pas de plus dans cette direction, puisque ce tribunal donne à la communauté internationale les moyens de traduire en justice des criminels (tel que lancien chef dEtat Slobodan Milosevic) non poursuivis dans leur pays.
La mondialisation est donc un processus dont les dimensions sont multiples et qui na pas les mêmes effets, dépendant de la classe sociale à laquelle vous appartenez ou le pays dans lequel vous vivez. On ne peut donc parler deffets positifs et négatifs que si lon précise dabord de quelle forme de mondialisation on parle et de quel point de vue lon se place pour en juger.
Prof. Ola Söderström. Institut de Géographie, Université de Neuchâtel.
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21.10.2008
Y a-t-il un lien entre la crise économique actuelle et la mondialisation? (Fanfan, 32 ans)
Votre question est très pertinente. En effet, il existe un lien clair entre ce que lon appelle la mondialisation et la crise actuelle. Je me réfère à la théorie de la régulation (voir des auteurs comme Boyer, Chesnais, Aglietta, etc.) ainsi quà la manière dont lhistorien Fernand Braudel décrit ce quil appelle « le capitalisme » par opposition à « léconomie de marché ». La théorie de la régulation nous dit quil y a des périodes dans le système économique qui sont très différentes les unes des autres et qui se terminent par des crises. Par exemple, nous avons vécu les trente glorieuses de laprès-guerre, période qui était organisée autour de la production de masse et de la consommation de masse, laugmentation continuelle des salaires permettant aux travailleurs dacheter la production croissante. Ce « cercle vertueux », dénommé « régime fordiste », organisé principalement à léchelle des états nations et régulé internationalement par le système de Bretton woods, cest écroulé durant les années septante. Dans les années quatre-vingts, larrivée au pouvoir des néoconservateurs comme Margareth Thatcher et Ronald Reagan était portée par le souhait des classes moyennes de voir la valeur de leur épargne préservée pour le futur. La manière dy parvenir a été de faire sauter le carcan des états-nations pour les mouvements de capitaux. La dérégulation des mouvements de capitaux a permis dexercer un réel contrôle de la part des opérateurs financiers sur les états et sur les banques centrales. Linflation a été ainsi vaincue. Cependant, ces marchés financiers se sont mis à vivre leur propre logique, et non plus à se développer en fonction de léconomie réelle quils étaient censés soutenir.
Le « régime daccumulation financière » peut être caractérisé de la manière suivante. Lindustrie financière, par définition, construit et exploite la mobilité des capitaux. En somme, lidée de la libéralisation, cest de dire « si vous ne respectez pas la volonté des détenteurs de capitaux, alors ces capitaux se retirent et vont ailleurs ». Cest ce que lon appelle, dans le monde de la finance, la liquidité. Or, cette mobilité/liquidité est bien une construction spatiale. La période 1985 à aujourdhui a consisté à construire des infrastructures (des réseaux de télécommunication électronique extrêmement performants, des relations aériennes entre Londres, New-York Tokyo, Zurich, etc.), et des institutions (des lois autorisant la mobilité des capitaux, mais aussi la défiscalisation des mouvements de capitaux, des émissions de titre, etc., des déréglementations permettant à telle ou telle place financière de créer plus facilement de nouveaux titres, etc.) qui mettent de plus en plus étroitement en relation les nud de cette économie financière (ce que Saskia Sassen a appelé la global city une seule « ville » étroitement interconnectée et regroupant les principales places financières mondiales). Ceci permet désormais de faire converger lépargne vers ces centres et lon débouche sur une période de croissance continue des cours boursiers. Cest cela qui este au cur du système. La conséquence ? Ces centres avaient désormais la capacité de créer, via lendettement et les innovations financières, de manière massive de nouveaux titres qui sont quasiment équivalents à de la monnaie. Les acteurs au centre du systèmes (sociétés financières, banques, entreprises cotées sur les marchés, etc.) ont vu leur pouvoir saccroître considérablement en levant des capitaux, en sendettant, et en étendant leur emprise sur de nouveaux pays (financiarisation progressive de tous les pays européens, puis émergents) de nouveaux secteurs (voyez les télécoms, les postes, les entreprises énergétiques, etc.), de nouvelles entreprises (par exemple les PME).
Les autres espaces ont de facto été placés en périphérie de cette économie financière. La force des entreprises cotées en bourse et les moyens toujours croissants quelles pouvaient lever sur les marchés financiers leur ont permis de racheter quasiment toutes les entreprises (disons la plus grande partie des entreprises en dessus de 30 employés dans lindustrie mais le phénomène est massif aussi dans la distribution, les banques et assurances, etc.). Aujourdhui, ce sont quelques entreprises ultra-concentrées spatialement et économiquement qui contrôlent le tissu productif. Mais ne nous y trompons pas : ces groupes sont avant tout des opérateurs financiers et ensuite seulement des industriels. Dans le même mouvement, les entrepreneurs locaux, ce que lon appelait les « patrons », ont disparus : place aux gestionnaires venus des headquaters financiers du groupe.
La crise actuelle sexplique de manière multiple. Les déséquilibres financiers ont pu se développer à léchelle du monde. Ainsi, les USA drainent durant cette période chaque année les 2/3 de lépargne mondiale, avec lendettement massif que cela entraîne. Ce système fonctionnait aussi longtemps quil restait des secteurs, des pays, des domaines à financiariser. Je pense quil y a aujourdhui une certaine saturation planétaire, et plus guère dendroits qui ont échappé à ce système. La « mobilité/liquidité » se heurte à des limites et laccumulation continuelle nest plus possible, en tout cas de moins en moins de monde la croit possible. Or, tout système économique, et particulièrement celui-ci, est basé sur des croyances convergentes pour le futur.
Dr. Olivier Crevoisier, directeur de recherche. Institut de sociologie, Université de Neuchâtel.
Un doute? Demandez l'avis d'un expert!
Avant de poser votre question, merci de vérifier (à l'aide de la fonction «recherche») qu'elle n'a pas déjà été traitée.
Bonjour, je voudrais savoir quels sont les facteurs principaux qui ont permis la mondialisation. Quels sont ses aspects positifs et négatifs? (Julien, 16 ans)
Il s'agit d'abord de définir la mondialisation . La mondialisation est un processus qui conduit à une interconnexion et une interdépendance de plus en plus importantes des lieux de la planète. Elle conduit à ce que le monde soit envisagé comme un tout. La mondialisation n'est pas un phénomène récent. Elle commence avec les débuts de l'hominisation, lorsque l'espèce humaine quitte l'Afrique pour coloniser peu à peu l'ensemble de la planète (il y a environ 90'000 ans). Ce à quoi nous assistons depuis trente ans, c'est à une accélération de ce processus, notamment sous l'effet de la globalisation. Cette dernière correspond aux dimensions économiques de la mondialisation . La globalisation s'est accélérée en raison de l'ouverture des marchés (décision politique consistant à déréguler les échanges économiques et notamment à lever les barrières douanières) et du développement de nouvelles technologies (télécommunications, Internet) au début des années 1980.
La mondialisation correspond à des phénomènes très variés (globalisation, tourisme, migrations, etc.). La liste des aspects positifs et négatifs serait donc interminable. Par ailleurs, ce qui est positif et négatif dépend du point de vue, des valeurs et des positions politiques de chacun. La mondialisation dirigée par l'Europe entre le 15e et le 20e siècle sous la forme d'expéditions coloniales et de conquêtes territoriales dans les pays du Sud a, par exemple, été économiquement très favorable aux pays européens. Par contre, elle a été, en grande partie, dévastatrice pour les pays du Sud.
Dans le domaine des droits politiques, la mondialisation a apporté des effets plus clairement positifs. La déclaration universelle des droits de l'homme, adoptée par les Nations Unies en 1948, offre ainsi des bases permettant à toute personne sur terre de mieux défendre ses droits. La création dans les années 1990 du Tribunal Pénal International a permis de faire un pas de plus dans cette direction, puisque ce tribunal donne à la communauté internationale les moyens de traduire en justice des criminels (tel que l'ancien chef d'Etat Slobodan Milosevic) non poursuivis dans leur pays.
La mondialisation est donc un processus dont les dimensions sont multiples et qui n'a pas les mêmes effets, dépendant de la classe sociale à laquelle vous appartenez ou le pays dans lequel vous vivez. On ne peut donc parler d'effets positifs et négatifs que si l'on précise d'abord de quelle forme de mondialisation on parle et de quel point de vue l'on se place pour en juger.
Prof. Ola Söderström. Institut de Géographie, Université de Neuchâtel.










