Ce service permet d'adresser des questions à des spécialistes – dans les domaines ci-dessous – ou de lire les réponses qu'ils ont déjà fournies.

Proposé par

TSR DécouverteRSR Savoirs
  • Internet et société

    13 questions

  • 21.4.2010

    Comment sa marche internet ??? (Lila, 7 ans)

    Chère Lila,

    Internet fonctionne un peu comme la poste mais avec des données numériques.

    Un bon exemple est le suivant : imagine que tu dois envoyer un livre à quelqu'un avec des cartes postales.

    Tu prends chaque page de ce livre et tu la colle sur une carte postale.

    Sur chaque carte postale (équivalent d'un paquet de données dans Internet) tu indiques l'adresse de destination et tu mets toutes tes cartes postales dans une boite-aux-lettres.

    Tes cartes vont être envoyées par le réseau postal (Internet) dans un ordre quelconque et selon des chemins qui ne sont pas forcément les mêmes.

    A l'arrivée, la personne qui reçoit toutes tes cartes postales va devoir les remettre dans l'ordre et vérifier qu'il ne manque pas de cartes postales pour reconstituer le livre que tu as envoyé.

    S'il en manque, il faudra les envoyer à nouveau.

    Maintenant on utilise des programmes qui communiquent par ce procédé pour le Web, le courrier électronique, Skype, faire des jeux, etc.

    Tu peux aussi regarder avec tes parents ou quelqu'un de ton entourage qui pourra te commenter ce que tu vois, les vidéos suivantes qui illustrent assez bien le fonctionnement d'internet:

    - http://www.dvanw.com/misopoint/internet/index.html (cliquer sur small, medium ou big).

    - http://ftp.sunet.se/pub/tv+movies/warriors/warriors-700-fr-VBR.mpg

    Jean-Henry Morin et Laurent Moccozet

    Département des Systèmes d'Information,

    Université de Genève.

    http://syinf.unige.ch/

  • 19.11.2009

    Bonjour. Peut-on être sain d'esprit et acheter des terrains à bâtir virtuels dans un monde imaginaire ? Existe-t-il des chiffres pour ce genre de transactions dans le monde entier et par an. Merci (capucine, 18 ans)

    Bien que la question posée ressemble plus à un jugement sur l'état mental de certains utilisateurs d'environnements virtuels du type Second Life qu'à une véritable interrogation, elle reste pertinente. En effet, si il paraît ridicule d'acheter un terrain virtuel, il ne paraît pas forcément ridicule d'acquérir ou de louer un espace pour installer et diffuser un site web, un blog ou tout autre wiki (même si de nombreux fournisseurs proposent ces services sous des formes gratuites il existe de nombreuses entreprises qui proposent aux particuliers comme aux entreprises des services d'hébergement payants leur garantissant une certaine qualité de service), ce qui finalement reste aussi, si ce n'est un achat, au moins une location d'un espace virtuel. En effet si un site web n'est pas un "terrain" à proprement parler, il peut être comparé à un "espace virtuel" sur Internet au même titre qu'une île virtuelle sur Second Life ou tout autre environnement du même type. L'achat et la location d'espaces virtuels sont des activités économiques qui existent depuis bien longtemps sur Internet. Concrètement, il faut voir que l'achat ou la location de ces espaces virtuels donnent accès à des ressources matérielles: de l'espace disque, des ressources de calcul, de la bande passante... ainsi qu'à des ressources humaines: des ingénieurs et techniciens qui assurent la maintenance du matériel et des logiciels nécessaires.

    Au delà de cet aspect se pose bien entendu la question de la valeur économique des échanges et activités qui s'y déroulent. Ce type d'environnements est utilisé dans beaucoup de situations. On y trouve des Universités, des sociétés, des associations, des partis politiques, etc. Cela représente aussi un outil marketing intéressant ou il devient possible de tester des produits et services de plus en plus tôt, y compris dans les phases de design dans des logiques de co-création. En effet, un utilisateur ayant participé à l'élaboration de quelque chose est d'autant plus susceptible de l'acquérir ultérieurement. Il existe des quantités d'exemples dans différents domaines ou ces environnements virtuels offrent de réelles opportunités.

    Enfin, pour donner une ordre de grandeur, selon les données fournies par Linden Lab qui est l'opérateur de Second Life, en Octobre 2009, les résidents de cet environnement virtuel se sont échangés 135'798'208 m2 pour un montant moyen de 0.9017 Linden $. Le Linden $ ou L$ est la monnaie virtuelle "locale" qui a cours dans Second Life. 100 L$ font à peu près 0.39 USD.

    Des données statistiques se trouvent ici : http://u.nu/9qaw3

    Dr. Laurent Moccozet,

    Dr. Jean-Henry Morin,

    Département des Systèmes d'Information,

    http://syinf.unige.ch/

    Université de Genève.

  • 19.11.2009

    Bonjour. Quel est le montant des transactions annuel circulant dans le monde pour l'achat de terrains virtuels et autres attributs pour des avatars qui n'ont rien de réel. Je vous remercie de votre réponse. Une estimation serrait déjà amplement suffisante. (cachalot crû, 43 ans)

    En septembre 2009 à l'occasion du passage en 5 ans de son milliard d'heures en-ligne et du milliard de $ échangés Linden Lab à communiqué pas mal de chiffres sur Second Life:

    http://u.nu/5t7w3 ( Universvirtuels.com: http://u.nu/9s7w3 ).

    Selon les données fournies par Linden Lab, en Octobre 2009, les résidents de cet environnement virtuel se sont échangés 135'798'208 m2 pour un montant moyen de 0.9017 Linden $ (monnaie virtuelle "locale" qui a cours dans Second Life. 100 L$ font à peu près 0.39 USD.

    Des données statistiques se trouvent ici : http://u.nu/9qaw3

    Dr. Laurent Moccozet,

    Dr. Jean-Henry Morin,

    Département des Systèmes d'Information,

    http://syinf.unige.ch/

    Université de Genève.

  • 19.11.2009

    Bonjour, j'aimerais savoir comment Apple a été crée et aussi pourquoi les mac ce vendent moins bien que les PC alors que les macs sont plus beau et sont meilleur pour les chose du genre film photos etc Merci (nico, 11 ans)

    Il existe une controverse sans fin entre les tenants d'Apple et ceux de Microsoft. Cette controverse tient beaucoup aux innovations introduites dans les systèmes d'exploitations des deux entreprises au cours du temps. La rumeur présente majoritairement Microsoft comme ayant pillé les innovations d'Apple présenté comme le "créatif" des deux. Cette vision est reprise par Apple dans ses campagnes de publicité et de communication: http://u.nu/7z9w3

    Pour mettre un bémol au côté créatif, rappelons d'entrée que le célèbre interface graphique utilisateur introduit par Apple a lui-même été fortement inspiré et repris des travaux menés auparavant par les laboratoires de Xerox (PARC). Apple a su les reprendre à son compte pour en faire un interface utilisateur graphique grand public. Il ne s'agit pas de minimiser la contribution d'Apple, mais de rappeler qu'une innovation doit souvent beaucoup à des travaux de prédécesseurs dont on s'inspire.

    On retrouve sur Internet de nombreuses "traces" des débats et discussion qui entourent la compétition entre Apple et Microsoft: http://u.nu/22aw3 relate le procès entre Microsoft et Apple vs. Microsoft, le top 20 des idées volées en matière de systèmes d'exploitation http://u.nu/62aw3

    Ce qui fait la différence principale entre les deux entreprises est qu'Apple est un fabricant d'ordinateur alors que Microsoft est un fabricant de logiciels. Microsoft a ainsi pu développer une stratégie qui lui a permis d'élargir son potentiel à un ensemble de fabricants d'ordinateurs grâce à son système d'exploitation, logiciel qui est incontournable pour faire fonctionner un ordinateur. Il est petit à petit devenu incontournable avec son logiciel d'exploitation implanté d'office sur de nombreux ordinateurs de toutes marques. Il a aussi su utiliser cette situation pour imposer d'autres logiciels comme office par exemple. Apple de son côté développé à la fois des ordinateurs et une gamme de logiciels pour ses ordinateurs, dont le système d'exploitation (Mac OS), ce qui a probablement contrarié son développement sur le marché: impliquant des coûts de recherche et de développement élevés avec un marché limité pour la partie logiciel à ses propres ordinateurs. En contre partie, le fait qu'Apple contrôle à la fois le matériel et le logiciel permet probablement d'atteindre une qualité et une fiabilité globalement supérieure.

    Enfin, pour un récit romancé de cette rivalité, vous pouvez aussi vous référer au film "Pirates of Silicon Valey", 1999, http://u.nu/54aw3

    Dr. Laurent Moccozet,

    Dr. Jean-Henry Morin,

    Département des Systèmes d'Information,

    http://syinf.unige.ch/

    Université de Genève.

  • 12.11.2009

    Comment fonctionnent les ordinateurs? (Nikola, 10 ans)

    Le fonctionnement d'un ordinateur repose principalement sur 3 composants: le CPU (central processing unit), qui est l'élément actif, le cerveau de l'ordinateur, de la mémoire vive pour stocker temporairement les informations et les instructions (programme) que le CPU va traiter, ainsi que de la mémoire de masse (disque dur) qui permet de stocker de façon permanente les informations et instructions.

    Le CPU exécute les unes après les autres des instructions qu'il récupère depuis la mémoire vive. Chaque instructions correspond à une action, une opération de base de calcul que le CPU est capable de réaliser sur des données, des informations qui sont elles aussi stockées dans la mémoire vive. Un programme est un ensemble d'instructions qui traitent des données. Il existe par exemple les systèmes d'exploitation comme Linux ou Windows qui permettent la gestion de l'ordinateur et de ses périphériques ou d'autres programmes comme les traitements de texte, les tableurs, les jeux vidéos. La mémoire vive est très efficace pour ce qui est d'être "lue" par le CPU, par contre, elle n'est pas capable de retenir les informations quand l'ordinateur est hors tension. C'est pour cela qu'en complément, l'ordinateur est équipé d'une mémoire de masse qui permet de conserver de façon permanente les instructions et données dans des fichiers. Lorsqu'un programme est à exécuter, le fichier qui contient les instructions est chargé en mémoire vive, puis il est lu instruction par instruction par le CPU qui les exécute.

    Le fonctionnement global est illustré sur cette vidéo:

    http://www.youtube.com/watch?v=TIkBcrbzYf0&

    Dr. Laurent Moccozet,

    Dr. Jean-Henry Morin,

    Département des Systèmes d'Information,

    http://syinf.unige.ch/

    Université de Genève.

  • 3.11.2009

    Bonjour, j'aimerais savoir comment faire pour "protéger" efficacement mon adresse IP de personne mal intentionné qui se la procure grâce aux forums RPG ou non.

    Sachant que le web n'est pas un endroit anonyme. (Jaski, 24 ans)

    Le principe d’anonymisation de l’adresse IP d’un ordinateur « client » qui se connecte à un ordinateur « serveur » consiste d’une façon générale à insérer un ou plusieurs intermédiaires entre les deux. Voir le schéma à http://upload.wikimedia.org/wikipedia/commons/f/fb/Schematic_Proxy_Server.svg

    L’ordinateur serveur ne connait que l’adresse IP du dernier intermédiaire (par contre, le premier intermédiaire est capable de connaitre l’adresse du client).

    On peut distinguer plusieurs techniques dont principalement :

    -Site d’anonymisation:

    Le principe de fonctionnement consiste à indiquer à votre navigateur web de se connecter au serveur du site d’anonymisation, puis d’indiquer au site d’anonymisation à quelle adresse web, quel serveur, vous voulez vous connecter. C’est ce site qui exécute la connexion (le serveur reconnaît l’adresse du site d’anonymisation). Par exemple, anonymizer.com a été parmi les premiers à offrir un tel service. Aujourd'hui il en existe plusieurs autres.

    - Web proxy:

    Le principe est similaire au site d’anonymisation. Le serveur proxy va jouer le rôle d’intermédiaire entre le client et le serveur (et donc apparaître pour le serveur comme étant le client qui le contacte). L’indication du serveur à utiliser se fait globalement au niveau de la configuration du navigateur web. Une fois configuré, toutes les connexions passent par le serveur proxy.

    - Réseau d’anonymisation:

    Le principe d’un réseau d’anonymisation est illustré par la description de Tor (The Onion Router) : « Tor réduit les risques d'analyses de trafic simples ou sophistiquées, en répartissant vos transactions entre plusieurs endroits de l'Internet. On ne peut donc pas, en observant un seul point, vous associer à votre destinataire. C'est comme utiliser un chemin tortueux et difficile à suivre pour semer un poursuivant. Au lieu d'emprunter un itinéraire direct entre la source et la destination, les paquets de données suivent une trajectoire aléatoire à travers plusieurs relais qui font disparaitre vos traces. Personne ne peut donc déduire de l'observation d'un point unique, d'où viennent, ni où vont les données. »

    L’ensemble du principe de fonctionnement est décrit à http://www.torproject.org/overview.html.fr

    Il y a une possibilité de tester TOR simplement en téléchargeant un navigateur Web (firefox) pré-configuré avec TOR ici:

    http://www.torproject.org/torbrowser/index.html.fr.

    Attention, l’anonymat se paie au détriment de connexions plus lentes, parfois coupées et donne un accès dégradé à certains serveurs.

    Ces outils ne sont pas magiques et peuvent nécessiter de modifier ses pratiques de surf pour être réellement efficaces. Lire par exemple http://www.torproject.org/download.html.fr#Warning

    Ces serveurs « intermédiaires » étant publiquement connus, ils peuvent être filtrés par certains serveurs Web pour justement éviter et limiter les accès anonymes.

    Dans tous les cas, il ne faut pas oublier que votre FAI (fournisseur d'accès Internet) connaîtra toujours votre adresse IP dans la mesure ou c'est lui qui vous la fournit.

    Dr. Laurent Moccozet,

    Dr. Jean-Henry Morin,

    Département des Systèmes d'Information,

    http://syinf.unige.ch/

    Université de Genève.

  • 3.11.2009

    Comment fonctionnent les sites de recherche de musique comme Midomi ou Shazam? (pascala, 47 ans)

    Ces moteurs de recherche en ligne sont spécialisés dans la reconnaissance de morceaux ou d’extraits de musique. Ils sont capables de reconnaître un morceau ou un extrait d’une chanson qu’il soit joué ou même simplement fredonné.

    La difficulté de ce type de services en ligne est bien entendu liée à la qualité de reconnaissance des morceaux de musique soumis, mais aussi au temps de réponse entre le moment où l’utilisateur soumet sa demande et le moment où il obtient la réponse. Ce temps de réponse dépend du temps de traitement informatique nécessaire pour fournir la réponse. Dans le cas d’un moteur de recherche de musique, il s’agit de comparer les données sonores soumises par l’utilisateur à une base de données qui contient un grand nombre de fichiers, chacun contenant un ensemble de données sonores. Ce traitement est potentiellement très couteux en ressources et en temps de calcul.

    Les documents multimédias comme les fichiers photos, sons et vidéos sont des documents qui contiennent énormément d’informations et qui comparativement à des documents textuels sont particulièrement lourds à traiter. En outre, alors qu'il est possible de comparer deux textes mot à mot pour savoir s’ils sont identiques, il n’en va pas de même pour un morceau de musique. Construire des services de recherche sur ce type de documents est donc bien plus complexe que pour des documents textuels.

    Il faut rappeler que les entreprises qui proposent ces services sont relativement discrètes sur le détail de fonctionnement de leur technologie.

    Shazam fonctionne sur le principe de « signature » ou d’ « empreinte ». Il est possible pour chaque morceau de musique d’établir une signature qui identifie le morceau. Cette signature se calcule non pas à partir de l’ensemble du morceau de musique mais à partir de sélections, de moments caractéristiques, ce qui permet d’optimiser les temps de calcul. La signature d’un morceau de musique va représenter une petite quantité de données comparativement au fichier son initial. Le principe de comparaison de deux sons revient non pas à les comparer directement, mais à comparer leurs signatures. Le principe est ensuite relativement simple : le service stocke un grand nombre de morceaux de musique pour lesquels la signature est précalculée. La base de données de Shazam est estimée à environ 8 millions de morceaux. Quand un utilisateur soumet un morceau de musique, sa signature est calculée puis comparée aux signatures des morceaux connus. Le morceau sélectionné est celui qui se rapproche statistiquement le plus du morceau cherché. Bien entendu, seuls les morceaux de musique qui ont été intégrés dans la base de données peuvent être reconnus.

    Il existe moins d’information sur Midomi. Ce service est basé sur ce qu’on appelle le « crowdsourcing », c'est-à-dire que les utilisateurs vont être sollicités pour construire la base de données qui est utilisée pour reconnaître les morceaux. Ce qui ne serait pas possible en pratique pour une entreprise seule (enregistrer des interprétations multiples de morceaux de musique), le devient en sollicitant l’ensemble des utilisateurs potentiels du service de recherche. Modomi demande donc à ses utilisateurs de s’enregistrer fredonnant un morceau de musique, ce qui lui permet de constituer sa base de données avec pour chaque morceau de musique plusieurs interprétations enregistrées. On peut ainsi dire que pour chaque morceau on dispose potentiellement d’un échantillon représentatif de toutes les façons de le jouer. Quand un utilisateur soumet sa chanson en la fredonnant, il est alors statistiquement possible de retrouver et de reconnaître la musique originale. La difficulté de ce type de service est que la qualité de ses résultats repose sur la taille de la base de données : plus il y aura de versions enregistrée pour un morceau donné, plus ce morceau pourra être potentiellement reconnu.

    Sur le même principe de « signature », il existe un moteur de recherche pour les images : http://www.tineye.com/. Il est possible de soumettre un fichier image/photo ou l’adresse Web d’un tel fichier et le moteur de recherche est capable de retrouver des images identiques ou des images dérivés ou des images qui contiennent l’image ou un extrait de l’image d’origine.

    Dr. Laurent Moccozet,

    Dr. Jean-Henry Morin,

    Département des Systèmes d'Information,

    http://syinf.unige.ch/

    Université de Genève.

  • 22.8.2009

    Est-ce que vraiment la police peut savoir tout ce que je fais sur internet? Et moi, je peux savoir ce que fait mon copain? (Elwige, 16 ans)

    Vous soulevez là deux problèmes reposant justement sur le fait que toutes nos activités sont enregistrées dans des "logs" tant sur votre ordinateur que sur les serveurs que vous accédez par l'intermédiaire de votre fournisseur d'accès Internet (FAI) qui lui aussi va enregistrer des informations.

    Selon les législations des pays concernés, les FAI peuvent avoir obligation d'enregistrer et de conserver pour une durée déterminée certaines informations concernant l'activité de leurs clients, ainsi que celle de communiquer ces informations à la justice dans un cadre règlementé. A partir de ces données, il peut donc être possible de savoir à postériori ce que vous avez fait sur Internet, en tous les cas, une partie importante de ce que vous avez pu faire sur Internet. Mais ce type de surveillance n'est pas systématique ni continue.

    Par ailleurs, indépendamment des obligations légales, les prestataires de services en ligne comme Google enregistrent aussi vos activités pour leurs propres besoins: amélioration de leurs services mais surtout utilisation de ces données pour définir des "profils utilisateurs" qui peuvent ensuite être utilisés à des fins commerciales et publicitaires.

    Ceci étant dit, le premier problème que vous soulevez est celui de la "surveillance" par la police dont l'activité "d'écoute" est généralement strictement règlementée et sujette à obtention de mandats judiciaires. Ou dans des cas plus exceptionnels de sécurité nationale pour lesquels la "raison d'état" pourrait justifier de telles actions (que la raison d'état soit invoquée à tort ou à raison, il ne s'agit pas ici de porter un jugement moral).

    Il est certain que des/les états, que ce soit pour des raisons de sécurité ou pour des raisons économiques dans un contexte d'espionnage technologique, peuvent vouloir développer ou essayer de développer des "environnements" automatisés de surveillance à priori. La question est donc de savoir dans quelle mesure ces environnements sont efficaces: quelle proportion de l'activité sur Internet peut être captée (dans quelle mesure l'organisme qui assure la surveillance peut avoir accès aux moyens et relais de transmission pour pouvoir écouter), et sur cette proportion, quelle quantité de communication peut être effectivement analysée. En général, l'idée consiste non pas à espionner tout le monde, mais à détecter des communications potentiellement suspectes ou intéressantes (par exemple en cherchant des mots ou des termes pré-définis). Là encore, il faut estimer dans quelle mesure ces technologies sont efficaces.

    Vous pouvez lire le texte http://www.internetactu.net/2005/11/25/guerre-de-linformation-made-in-france/ qui évoque ces questions au niveau d'un pays comme la France.

    Vous pouvez aussi lire un rapport du parlement français sur le réseau Echelon à http://www.assemblee-nationale.fr/11/rap-info/i2623.asp qui faisait le point sur le réseau Echelon en 2000. La section B de ce rapport évoque l'incertitude sur les capacités réelles du système entre la thèse dite maximaliste (oui, tout peut être surveillé) et la thèse dite du scepticisme qui ne remet pas en cause l'existence du système, mais ces capacités réelles.

    Donc pas de paranoïa de ce côté là à moins que vous ne soyez adepte de théories de la conspiration auquel cas, je vous recommande vivement un petit ouvrage de Duncan Campbell (journaliste d'investigation) sur le projet Echelon : "Surveillance électronique planétaire" (aux éditions Allia) qui se lit comme une bon polar. Vous pouvez aussi voir un reportage très bien fait : "ÉCHELON, LE POUVOIR SECRET" de david korn brzoza, 2002 (en 2 parties sur Dailymotion :

    - http://www.dailymotion.com/video/xfyi9_echelon-le-pouvoir-secret-12_news

    - http://www.dailymotion.com/video/xfyaq_echelon-le-pouvoir-secret-22_news

    Le deuxième problème soulevé relève quant à lui de la "sphère privée" et des aspects plus humains liés au respect de la vie privée. Bien entendu il existe une quantité de logiciels permettant de surveiller ce que fait quelqu'un sur un ordinateur ou un réseau. Plus simplement, la consultation les historiques de la machine (les logs mentionnés plus haut) contiennent toutes les informations voulues. Sachez toutefois, qu'en Suisse je crois que la violation d'un compte utilisateur ou d'email est assimilable à la violation de domicile. Si votre ami est en mesure d'avoir directement accès à votre ordinateur et d'y installer un "mouchard" qui l'informera de ce que vous faites; si vous recevez un courrier électronique contenant un virus que vous activerez sur votre ordinateur et qui y installera un mouchard... que vous serez peut-être en mesure d'éliminer si votre anti-virus ou pare-feu vous le signale et le bloque. Vous voyez que le maximum est possible, mais qu'il n'est pas systématique: vous ne pouvez pas d'une minute à l'autre vous mettre à surveiller les activités de vos amis sur Internet.

    Il ne faut toutefois pas négliger la situation actuelle avec le développement des réseaux sociaux: en dehors des informations privées qui nécessitent une action délibérée et illégale pour pouvoir y avoir accès, les utilisateurs d'Internet rendent de plus en plus souvent publiques tout un ensemble d'informations sur Internet: adresse, téléphone, date de naissance, emploi, religion, opinions... qu'il est ensuite facile de retrouver pour connaitre les activités sur Internet, mais aussi les activités quotidiennes d'une personne. Les usagers n'ont pas toujours conscience de rendre ces informations personnelles largement accessibles, ni que la diffusion de ces informations peut être contrôlées par eux. Les plateformes sociales encouragent la divulgation des ces informations, puisqu'elles fonctionnement justement sur ce principe d'exposition personnelle.

    Rappelez-vous encore, que si vous regroupez vos activités internet chez un même prestataire, vous augmentez ces capactités à vous "suivre". Si vous utilisez par exemple le courrier électronique Gmail, le moteur de recherche Google et que vous avez installé Google desktop, vous donnez à l'entreprise Google la possibilité de savoir ce que vous cherchez, ce que contient votre ordinateur et le contenu de vos courriers électronique, les adresses emails de vos connaissances...

    A l'heure des réseaux sociaux et des moteurs de recherches, certains diront que la notion même de vie / sphère privée est un peu "bousculée". Mais il s'agit là de phases d'adaptation de la société et le droit à la vie privée a encore de beaux jours devant lui.

    Dr. Jean-Henry Morin,

    Dr. Laurent Moccozet,

    Département des Systèmes d'Information,

    http://syinf.unige.ch/

    Université de Genève.

  • 18.8.2009

    Peut-on prévoir les changements majeurs d'internet dans les 10 prochaines années? (Piotr, 37 ans)

    Prévoir les évolutions d'Internet pour les 10 ans à venir n'est pas forcément évident. On peut cependant dégager de grandes lignes actuelles de travaux et de recherche, vers lesquelles il y a de fortes chances qu'Internet s'oriente. Sur le questionnement de ce qu'est Internet actuellement, de ses limites, des besoins à développer, un cahier des charges vient d'être proposé, dont vous pouvez consulter en ligne un résumé à http://www.internetactu.net/2009/07/15/internet-du-futur-vers-un-cahier-des-charges/: Internet du futur : vers un “cahier des charges”. Ce document donne un point de vue largement développé et argumenté sur la question. La contribution finale se trouvant ici : http://internetdufutur.wordpress.com/

    Pour compléter ou donner notre point de vue, on peut évoquer les grandes lignes suivantes:

    - le web dit sémantique, c'est à dire un web qui ne se contente pas seulement d'enregistrer des informations, mais aussi leur description (qu'on appelle alors métadonnées), offrant ainsi des possibilités de cherches dans la base de documents que représente le web de façon beaucoup plus efficace et puissante. Afin d’illustrer cette notion, imaginez que vous cherchiez sur Google des documents avec le mot clé: jaguar. Vous allez retrouver des textes évoquant le jaguar comme animal et d'autres textes évoquant le jaguar comme fabricant de voitures. Le moteur de recherche vous renvoie tous les documents qui contiennent le terme "jaguar" quelque soit son sens. Il s’agit là d’un web de contenu. La notion de web sémantique permet d'ajouter un descriptif supplémentaire au document définissant par exemple le type du sujet traité: animal ou voiture. Il devient alors possible de chercher à la fois sur le contenu et sur le sens. Le web sémantique est bien plus ambitieux que l'exemple précédent. Il devrait permettre d'interroger le web sous forme de questions complexes. D'une certaine façon on passe d'un mode de recherche de la forme "retrouvez moi tous les documents qui contiennent les termes suivants" à une recherche sous la forme "retrouvez-moi les informations qui correspondent à ces critères", par exemple tous les vols disponibles dans toutes les compagnies aériennes qui vont de tel endroit à tel endroit à moins de tel montant (sous réserve que toutes les compagnies aériennes enregistrent leurs informations sous une forme sémantique). Ce web sémantique est partiellement déjà en activité, mais son déploiement et son usage grand public restent toutefois limités pour plusieurs raisons. D'une part, les technologies correspondantes sont encore difficiles d'accès et compliquée à mettre en oeuvre à grande échelle. D'autre part, le web sémantique nécessite toujours bien entendu de produire les contenus, mais aussi les descriptifs de ces contenus, un aspect encore largement négligé par les auteurs. Sans ces descriptifs, le web sémantique ne peut pas fonctionner.

    - l'internet des objets, c'est à dire un Internet ou chaque objet pourrait être équipé de façon à enregistrer et à diffuser "sur Internet" des informations le concernant. L'Internet des objets permettrait un nombre impressionnant de scénario possibles d'usage. Vous avez déjà probablement entendu parler des réfrigérateurs intelligents. Chaque produit que vous rangez est consulté par le processeur du réfrigérateur (une sorte de mini-ordinateur avec des fonctionnalités restreintes) de façon à centraliser pour l'ensemble des produits qui y sont stockés, leur type, leur quantité, leur date de péremption. Votre réfrigérateur pourra ensuite vous signaler (par affichage sur la porte, par courrier électronique ou SMS) que vous n'avez plus de yaourts à la fraise ou que le jambon est périmé, voir même de vous suggérer une recette sur la base des aliments et restes qu’il contient comme le montre un prototype de maison du futur fait par Samsumg en Corée du Sud.

    - la mobilité et l'ubiquité, c'est à dire un Internet centré sur l'utilisateur là où il se trouve et plus sur l'équipement ou le matériel dont il dispose. Nous avons de plus en plus de dispositifs portables: téléphone portable, lecteur mp3, console de jeux, GPS, palm... qui contiennent tous une partie de nos informations, notre espace informationnel (nos contacts, agenda, listes de musique, etc.) Ces informations existent parfois en double, voire en versions multiples et leur accès et leur utilisation est encore souvent limitée à l'équipement disponible à un moment donné. La notion de mobilité et d’ubiquité permet de maintenir et d'avoir accès de façon continue à l'ensemble de ces informations quelque soit l'appareil en cours d'utilisation et cela de façon transparente.

    Voila quelques pistes, bien entendu non exhaustives mais que nous pensons intéressantes dans la perspective de l’évolution d’Internet en particulier pour le grand public pour les années à venir.

    Dr. Laurent Moccozet,

    Dr. Jean-Henry Morin,

    Département des Systèmes d'Information,

    http://syinf.unige.ch/

    Université de Genève.

  • 10.8.2009

    je fai un jeu qui sappele akinator http://www.akinator.com/aki_fr/index.html et le génie trouve presque toujour a qui je pense. comment ca marche? (Lili, 11 ans)

    Ce jeu est connu depuis longtemps et il se joue comme jeu de société sans ordinateur. Il est connu sous le nom du jeu des 20 questions. Il existe plusieurs version de ce jeu sous forme de programme informatique. Akinator en est une, qui est utilisée par une entreprise comme vitrine de démonstration et de test de sa technologie. Le fonctionnement précis du système n'est pas décrit pour des raisons de confidentialité: l'entreprise ne veut pas dévoiler le fonctionnement exact de sa technologie. Le principe de base est relativement simple: le système se compose d'une base de données qui contient les noms des personnes que le système connaît ainsi que d'un ensemble de questions. L'objectif est de poser des questions qui à chaque fois permettent d'éliminer le plus grand nombre des possibilités enregistrées dans la base de données. Dans l'idéal, la moitié à chaque question. Si on imagine que le système connaît 100 personnes. La première question élimine 50 possibilités, la seconde 25, la suivante 12, la suivante 6, la suivante 3, la suivante 2 (ou 1). A ce stade il est déjà possible que le système soit capable de deviner une solution puisqu'il ne lui reste plus qu'un choix possible. Donc en 6 questions, la réponse est proposée. Il s'agit du principe de fonctionnement de base. A cela s'ajoute des technologies dites d'intelligence artificielle qui vont permettre de gérer la base de données et l'apprentissage du système.

    Il est clair que le système ne peut trouver qu'une personne qui est déjà dans sa base de données. Le système akinator permet aux utilisateurs d'ajouter des personnes supplémentaires, ce qui lui permet d'apprendre d'une certaine façon et donc d'intégrer continuellement de nouvelles personnes. Pour éviter que la base de données ne devienne trop volumineuse, ce qui entraînerait des temps de réponse trop élevés, il semble qu'un système d'élimination des personnes trop peu évoquées par les utilisateurs soit mis en place, ce qui permet de maintenir la base de données à une taille raisonnable.

    Cette question sort un peu du cadre de ce forum, mais il est à noter que le système profite de l'interaction possible avec l'ensemble des utilisateurs pour lui permettre de se maintenir à jour. C'est une caractéristique très répandue des services en ligne proposés sur Internet qui reposent sur la foule potentielle des utilisateurs pour se maintenir à jour ou s'améliorer. On peut citer pour exemple le système de traduction automatique de Google qui proposent aux utilisateurs de corriger et d'améliorer la traduction qui leur est proposée si ils n'en sont pas satisfaits. Cette traduction sera ensuite intégrée dans les bases de données du système de traduction pour pouvoir être proposée par la suite.

    Dr. Laurent Moccozet,

    Département des Systèmes d'Information,

    http://syinf.unige.ch/

    Université de Genève.

Un doute? Demandez l'avis d'un expert!

Avant de poser votre question, merci de vérifier (à l'aide de la fonction «recherche») qu'elle n'a pas déjà été traitée.

Comment on repère les pirates sur internet ? (Barbe bleue, 24 ans)

Cette question est délicate dans la mesure où il faut déjà préciser ce que l'on entend par «pirate».

Littéralement et historiquement, la piraterie désigne un acte de banditisme maritime.

Toutefois, par extension, son usage en Informatique et sur Internet désigne aujourd'hui couramment des actes illicites effectués par et / ou sur des infrastructures informatiques afin par exemple de s'enrichir de façon illégitime (ciber criminalité) ou encore de commerce / utilisation abusive d'oeuvres sur supports numériques enfreignant ainsi les lois sur la propriété intellectuelle (droit d'auteur, copyright).

Il existe aujourd'hui des unités spécialisées en cyber criminalité au sein des unités de polices chargées de traquer les cyber criminels (à Genève par exemple, la Brigade de criminalité informatique de la Police Judiciaire).

Les techniques utilisées sont nombreuses et consistent souvent en un jeu «du chat et de la souris» numérique sur la base des traces informatiques laissées systématiquement par les systèmes utilisés. L'adresse IP est souvent utilisée pour tenter d'atteindre des individus mais son utilisation peut aussi s'avérer délicate dans la mesure où les pirates ont souvent une «longueur d'avance» sur leurs poursuivants en redoublant de techniques pour «brouiller les pistes».

En ce qui concerne le «piratage de contenus» comme vidéo, musique, jeux, etc. la situation est plus délicate aujourd'hui car dépendante des diverses lois nationales en la matière. Si vous prenez le cas de la France par exemple qui vient d'adopter la loi HADOPI (dite création et internet), elle va par l'intermédiaire d'une «haute autorité» contraindre les FAI (Fournisseurs d'Accès Internet) à inspecter les paquets (Internet) qui circulent chez leurs abonnés afin de détecter les abus dans ce domaine. Après deux avertissements, l'accès à Internet pourra être coupé pour une durée allant de 2 à 12 mois.

Deux commentaires à ce sujet. Premièrement, techniquement il s'agit de techniques de filtrage de paquets plus ou moins invasives. Le Deep Packet Inspection (DPI) permettant d'examiner la partie des données d'un paquet, donc plus invasive, par opposition à l'inspection plus superficielle des en-têtes des paquets utilisée dans les firewalls (Stateful Packet Inspection, SPI).

Deuxièmement, cette loi est extrèmement controversée dans la mesure où elle n'est pas conforme à la direction que prend le droit communautaire Européen, où elle menace la tendance croissante à considérer l'accès à Internet comme un droit fondamental (au même titre que l'électricité et l'eau p.ex.) et enfin qu'elle est techniquement inapplicable et inefficace. Plus d'informations ici sur ce sujet ici : http://www.laquadrature.net/

Enfin remarquons au passage une étude de l'Université de Washington illustrant très bien le problème des «faux positifs», consistant à identifier comme infraction un trafic normal. L'exemple est emblématique et à conduit notamment à identifier une imprimante comme source de piraterie ! Le site vaut le détour : http://dmca.cs.washington.edu/

Dr. Jean-Henry Morin

Département des Systèmes d'Information,

http://syinf.unige.ch/recently_published

Université de Genève.

Les réponses sont élaborées avec la collaboration de :