Ce service permet d'adresser des questions à des spécialistes – dans les domaines ci-dessous – ou de lire les réponses qu'ils ont déjà fournies.

Proposé par

RTS DécouverteRSR Savoirs
  • Internet et société

    16 questions

  • 18.11.2011

    Que signifie "La fouille des réseaux sociaux"?

    Bonjour,

    J'ai un sujet de veille technologique à développer dont le titre est "la fouille des réseaux sociaux".

    J'ai un doute sur le mot "fouille". Je me demande si ça voudrait dire "fouille de données dans les réseaux sociaux" ou bien fouille comme "la recherche approfondie au sujet des réseaux sociaux".

    Qu'est-ce que vous en pensez? Merci d'avance! (Nifram, 25 ans)

    Il s'agit bien de fouille de données dans les réseaux sociaux. La fouille de données ou data mining consiste à produire de la connaissance à partir de l'extraction d'information dans de grandes quantités de données. Appliquée aux réseaux sociaux, elle permet par exemple d'analyser les comportements des utilisateurs de ces réseaux pour ensuite définir des profils types de clients et d'autres indicateurs qui seront ensuite intégrés dans une stratégie de marketing. Toutes les activités des utilisateurs des réseaux étant enregistrées et conservées dans des fichiers il est ensuite possible de les consulter et de leur appliquer des traitements automatiques impliquant la plupart du temps des calculs statistiques.

    Laurent Moccozet,

    Jean-Henry Morin,

    Institute of Services Science,

    http://iss.unige.ch/,

    Université de Genève

  • 16.6.2011

    QUESTION INEXISTANTE (69188)!

    On peut décrire le Web 3.0 comme la convergence de plusieurs courants visant à améliorer et développer le Web actuel:

    -le web sémantique: décrire la signification (sémantique) des informations qui sont produites et diffusées sur le Web, ce qui permet d'améliorer leur traitement (par exemple d'améliorer les performances et la qualité des moteurs de recherche). L'objectif est de passer d'un Web de l'information à un Web de la connaissance.

    -le web des objets: étendre le web aux objets et aux lieux, leurs permettant de stocker et de communiquer de l'information.

    -le web ubiquitaire: rendre le web accessible partout, à tout moment, ce qui permet de se focaliser sur l'activité et de se libérer des terminaux et autres équipements de connexion.

    Dans son schéma décrivant l'évolution du Web vers ce qu'il appelle le MetaWeb, Nova Spivacks définit l'évolution du Web selon deux dimensions: la connectivité de l'information et la connectivité sociale. Le Web construit la connectivité des informations. En évoluant selon l'axe de connectivité sociale on aboutit au web social qui connecte les gens. En évoluant selon l'axe de la connectivité des informations, on aboutit au web sémantique qui connecte les connaissances. En évoluant selon les deux axes on aboutit au MetaWeb (ou Web 3.0) qui connecte les intelligences.

    http://novaspivack.typepad.com/nova_spivacks_weblog/metaweb_graph.GIF

    Laurent Moccozet,

    Jean-Henry Morin,

    Institute of Services Science

    iss.unige.ch

  • 10.3.2011

    Comment un pays peut-il couper tout internet? et comment les gens font pour contourner ça? (Lalou, 15 ans)

    Bonjour,

    Contrairement à l'idée que l'on pourrait se faire, Internet n'est pas un réseau homogène, mais un réseau de réseau: chaque pays est connecté au reste d'Internet par des connexions connues. C'est l'ensemble des connexions entre tous les pays qui créent la toile. Cependant, il "suffit" de couper par la contrainte si nécessaire les connexions qui relient un pays donné aux autres pour y "couper" Internet et ne plus permettre l'accès de et vers l'extérieur possible. Il est aussi possible, sans couper les connexions, de les filtrer et d'empêcher certains accès extérieurs ou de surveiller les données qui y transitent, comme c'est le cas par exemple en Corée du Nord. A l'intérieur du pays, les accès sont offerts par des fournisseurs d'accès Internet (FAI) qui peuvent aussi être contrôlés par les autorités et par conséquent coupés s'ils y sont contraints. Ces coupures finissent par entraîner

    l'arrêt d'Internet plus ou moins complet à l'intérieur du pays.

    L'Egypte aurait ainsi réussi à bloquer 88% du réseau Internet. En revanche, s'il s'agit d'un opérareur étranger fournissant par exemple un accès par satélite, il est plus difficile de le controler et ainsi de laisser passer des communications par ce canal.

    Laurent Moccozet et Jean-Henri Morin \

    Institut de science des services \

    Université de Genève

  • 21.4.2010

    Comment sa marche internet ??? (Lila, 7 ans)

    Chère Lila,

    Internet fonctionne un peu comme la poste mais avec des données numériques.

    Un bon exemple est le suivant : imagine que tu dois envoyer un livre à quelqu'un avec des cartes postales.

    Tu prends chaque page de ce livre et tu la colle sur une carte postale.

    Sur chaque carte postale (équivalent d'un paquet de données dans Internet) tu indiques l'adresse de destination et tu mets toutes tes cartes postales dans une boite-aux-lettres.

    Tes cartes vont être envoyées par le réseau postal (Internet) dans un ordre quelconque et selon des chemins qui ne sont pas forcément les mêmes.

    A l'arrivée, la personne qui reçoit toutes tes cartes postales va devoir les remettre dans l'ordre et vérifier qu'il ne manque pas de cartes postales pour reconstituer le livre que tu as envoyé.

    S'il en manque, il faudra les envoyer à nouveau.

    Maintenant on utilise des programmes qui communiquent par ce procédé pour le Web, le courrier électronique, Skype, faire des jeux, etc.

    Tu peux aussi regarder avec tes parents ou quelqu'un de ton entourage qui pourra te commenter ce que tu vois, les vidéos suivantes qui illustrent assez bien le fonctionnement d'internet:

    - http://www.dvanw.com/misopoint/internet/index.html (cliquer sur small, medium ou big).

    - http://ftp.sunet.se/pub/tv+movies/warriors/warriors-700-fr-VBR.mpg

    Jean-Henry Morin et Laurent Moccozet

    Département des Systèmes d'Information,

    Université de Genève.

    http://syinf.unige.ch/

  • 19.11.2009

    Bonjour. Peut-on être sain d'esprit et acheter des terrains à bâtir virtuels dans un monde imaginaire ? Existe-t-il des chiffres pour ce genre de transactions dans le monde entier et par an. Merci (capucine, 18 ans)

    Bien que la question posée ressemble plus à un jugement sur l'état mental de certains utilisateurs d'environnements virtuels du type Second Life qu'à une véritable interrogation, elle reste pertinente. En effet, si il paraît ridicule d'acheter un terrain virtuel, il ne paraît pas forcément ridicule d'acquérir ou de louer un espace pour installer et diffuser un site web, un blog ou tout autre wiki (même si de nombreux fournisseurs proposent ces services sous des formes gratuites il existe de nombreuses entreprises qui proposent aux particuliers comme aux entreprises des services d'hébergement payants leur garantissant une certaine qualité de service), ce qui finalement reste aussi, si ce n'est un achat, au moins une location d'un espace virtuel. En effet si un site web n'est pas un "terrain" à proprement parler, il peut être comparé à un "espace virtuel" sur Internet au même titre qu'une île virtuelle sur Second Life ou tout autre environnement du même type. L'achat et la location d'espaces virtuels sont des activités économiques qui existent depuis bien longtemps sur Internet. Concrètement, il faut voir que l'achat ou la location de ces espaces virtuels donnent accès à des ressources matérielles: de l'espace disque, des ressources de calcul, de la bande passante... ainsi qu'à des ressources humaines: des ingénieurs et techniciens qui assurent la maintenance du matériel et des logiciels nécessaires.

    Au delà de cet aspect se pose bien entendu la question de la valeur économique des échanges et activités qui s'y déroulent. Ce type d'environnements est utilisé dans beaucoup de situations. On y trouve des Universités, des sociétés, des associations, des partis politiques, etc. Cela représente aussi un outil marketing intéressant ou il devient possible de tester des produits et services de plus en plus tôt, y compris dans les phases de design dans des logiques de co-création. En effet, un utilisateur ayant participé à l'élaboration de quelque chose est d'autant plus susceptible de l'acquérir ultérieurement. Il existe des quantités d'exemples dans différents domaines ou ces environnements virtuels offrent de réelles opportunités.

    Enfin, pour donner une ordre de grandeur, selon les données fournies par Linden Lab qui est l'opérateur de Second Life, en Octobre 2009, les résidents de cet environnement virtuel se sont échangés 135'798'208 m2 pour un montant moyen de 0.9017 Linden $. Le Linden $ ou L$ est la monnaie virtuelle "locale" qui a cours dans Second Life. 100 L$ font à peu près 0.39 USD.

    Des données statistiques se trouvent ici : http://u.nu/9qaw3

    Dr. Laurent Moccozet,

    Dr. Jean-Henry Morin,

    Département des Systèmes d'Information,

    http://syinf.unige.ch/

    Université de Genève.

  • 19.11.2009

    Bonjour. Quel est le montant des transactions annuel circulant dans le monde pour l'achat de terrains virtuels et autres attributs pour des avatars qui n'ont rien de réel. Je vous remercie de votre réponse. Une estimation serrait déjà amplement suffisante. (cachalot crû, 43 ans)

    En septembre 2009 à l'occasion du passage en 5 ans de son milliard d'heures en-ligne et du milliard de $ échangés Linden Lab à communiqué pas mal de chiffres sur Second Life:

    http://u.nu/5t7w3 ( Universvirtuels.com: http://u.nu/9s7w3 ).

    Selon les données fournies par Linden Lab, en Octobre 2009, les résidents de cet environnement virtuel se sont échangés 135'798'208 m2 pour un montant moyen de 0.9017 Linden $ (monnaie virtuelle "locale" qui a cours dans Second Life. 100 L$ font à peu près 0.39 USD.

    Des données statistiques se trouvent ici : http://u.nu/9qaw3

    Dr. Laurent Moccozet,

    Dr. Jean-Henry Morin,

    Département des Systèmes d'Information,

    http://syinf.unige.ch/

    Université de Genève.

  • 19.11.2009

    Bonjour, j'aimerais savoir comment Apple a été crée et aussi pourquoi les mac ce vendent moins bien que les PC alors que les macs sont plus beau et sont meilleur pour les chose du genre film photos etc Merci (nico, 11 ans)

    Il existe une controverse sans fin entre les tenants d'Apple et ceux de Microsoft. Cette controverse tient beaucoup aux innovations introduites dans les systèmes d'exploitations des deux entreprises au cours du temps. La rumeur présente majoritairement Microsoft comme ayant pillé les innovations d'Apple présenté comme le "créatif" des deux. Cette vision est reprise par Apple dans ses campagnes de publicité et de communication: http://u.nu/7z9w3

    Pour mettre un bémol au côté créatif, rappelons d'entrée que le célèbre interface graphique utilisateur introduit par Apple a lui-même été fortement inspiré et repris des travaux menés auparavant par les laboratoires de Xerox (PARC). Apple a su les reprendre à son compte pour en faire un interface utilisateur graphique grand public. Il ne s'agit pas de minimiser la contribution d'Apple, mais de rappeler qu'une innovation doit souvent beaucoup à des travaux de prédécesseurs dont on s'inspire.

    On retrouve sur Internet de nombreuses "traces" des débats et discussion qui entourent la compétition entre Apple et Microsoft: http://u.nu/22aw3 relate le procès entre Microsoft et Apple vs. Microsoft, le top 20 des idées volées en matière de systèmes d'exploitation http://u.nu/62aw3

    Ce qui fait la différence principale entre les deux entreprises est qu'Apple est un fabricant d'ordinateur alors que Microsoft est un fabricant de logiciels. Microsoft a ainsi pu développer une stratégie qui lui a permis d'élargir son potentiel à un ensemble de fabricants d'ordinateurs grâce à son système d'exploitation, logiciel qui est incontournable pour faire fonctionner un ordinateur. Il est petit à petit devenu incontournable avec son logiciel d'exploitation implanté d'office sur de nombreux ordinateurs de toutes marques. Il a aussi su utiliser cette situation pour imposer d'autres logiciels comme office par exemple. Apple de son côté développé à la fois des ordinateurs et une gamme de logiciels pour ses ordinateurs, dont le système d'exploitation (Mac OS), ce qui a probablement contrarié son développement sur le marché: impliquant des coûts de recherche et de développement élevés avec un marché limité pour la partie logiciel à ses propres ordinateurs. En contre partie, le fait qu'Apple contrôle à la fois le matériel et le logiciel permet probablement d'atteindre une qualité et une fiabilité globalement supérieure.

    Enfin, pour un récit romancé de cette rivalité, vous pouvez aussi vous référer au film "Pirates of Silicon Valey", 1999, http://u.nu/54aw3

    Dr. Laurent Moccozet,

    Dr. Jean-Henry Morin,

    Département des Systèmes d'Information,

    http://syinf.unige.ch/

    Université de Genève.

  • 12.11.2009

    Comment fonctionnent les ordinateurs? (Nikola, 10 ans)

    Le fonctionnement d'un ordinateur repose principalement sur 3 composants: le CPU (central processing unit), qui est l'élément actif, le cerveau de l'ordinateur, de la mémoire vive pour stocker temporairement les informations et les instructions (programme) que le CPU va traiter, ainsi que de la mémoire de masse (disque dur) qui permet de stocker de façon permanente les informations et instructions.

    Le CPU exécute les unes après les autres des instructions qu'il récupère depuis la mémoire vive. Chaque instructions correspond à une action, une opération de base de calcul que le CPU est capable de réaliser sur des données, des informations qui sont elles aussi stockées dans la mémoire vive. Un programme est un ensemble d'instructions qui traitent des données. Il existe par exemple les systèmes d'exploitation comme Linux ou Windows qui permettent la gestion de l'ordinateur et de ses périphériques ou d'autres programmes comme les traitements de texte, les tableurs, les jeux vidéos. La mémoire vive est très efficace pour ce qui est d'être "lue" par le CPU, par contre, elle n'est pas capable de retenir les informations quand l'ordinateur est hors tension. C'est pour cela qu'en complément, l'ordinateur est équipé d'une mémoire de masse qui permet de conserver de façon permanente les instructions et données dans des fichiers. Lorsqu'un programme est à exécuter, le fichier qui contient les instructions est chargé en mémoire vive, puis il est lu instruction par instruction par le CPU qui les exécute.

    Le fonctionnement global est illustré sur cette vidéo:

    http://www.youtube.com/watch?v=TIkBcrbzYf0&

    Dr. Laurent Moccozet,

    Dr. Jean-Henry Morin,

    Département des Systèmes d'Information,

    http://syinf.unige.ch/

    Université de Genève.

  • 3.11.2009

    Bonjour, j'aimerais savoir comment faire pour "protéger" efficacement mon adresse IP de personne mal intentionné qui se la procure grâce aux forums RPG ou non.

    Sachant que le web n'est pas un endroit anonyme. (Jaski, 24 ans)

    Le principe d’anonymisation de l’adresse IP d’un ordinateur « client » qui se connecte à un ordinateur « serveur » consiste d’une façon générale à insérer un ou plusieurs intermédiaires entre les deux. Voir le schéma à http://upload.wikimedia.org/wikipedia/commons/f/fb/Schematic_Proxy_Server.svg

    L’ordinateur serveur ne connait que l’adresse IP du dernier intermédiaire (par contre, le premier intermédiaire est capable de connaitre l’adresse du client).

    On peut distinguer plusieurs techniques dont principalement :

    -Site d’anonymisation:

    Le principe de fonctionnement consiste à indiquer à votre navigateur web de se connecter au serveur du site d’anonymisation, puis d’indiquer au site d’anonymisation à quelle adresse web, quel serveur, vous voulez vous connecter. C’est ce site qui exécute la connexion (le serveur reconnaît l’adresse du site d’anonymisation). Par exemple, anonymizer.com a été parmi les premiers à offrir un tel service. Aujourd'hui il en existe plusieurs autres.

    - Web proxy:

    Le principe est similaire au site d’anonymisation. Le serveur proxy va jouer le rôle d’intermédiaire entre le client et le serveur (et donc apparaître pour le serveur comme étant le client qui le contacte). L’indication du serveur à utiliser se fait globalement au niveau de la configuration du navigateur web. Une fois configuré, toutes les connexions passent par le serveur proxy.

    - Réseau d’anonymisation:

    Le principe d’un réseau d’anonymisation est illustré par la description de Tor (The Onion Router) : « Tor réduit les risques d'analyses de trafic simples ou sophistiquées, en répartissant vos transactions entre plusieurs endroits de l'Internet. On ne peut donc pas, en observant un seul point, vous associer à votre destinataire. C'est comme utiliser un chemin tortueux et difficile à suivre pour semer un poursuivant. Au lieu d'emprunter un itinéraire direct entre la source et la destination, les paquets de données suivent une trajectoire aléatoire à travers plusieurs relais qui font disparaitre vos traces. Personne ne peut donc déduire de l'observation d'un point unique, d'où viennent, ni où vont les données. »

    L’ensemble du principe de fonctionnement est décrit à http://www.torproject.org/overview.html.fr

    Il y a une possibilité de tester TOR simplement en téléchargeant un navigateur Web (firefox) pré-configuré avec TOR ici:

    http://www.torproject.org/torbrowser/index.html.fr.

    Attention, l’anonymat se paie au détriment de connexions plus lentes, parfois coupées et donne un accès dégradé à certains serveurs.

    Ces outils ne sont pas magiques et peuvent nécessiter de modifier ses pratiques de surf pour être réellement efficaces. Lire par exemple http://www.torproject.org/download.html.fr#Warning

    Ces serveurs « intermédiaires » étant publiquement connus, ils peuvent être filtrés par certains serveurs Web pour justement éviter et limiter les accès anonymes.

    Dans tous les cas, il ne faut pas oublier que votre FAI (fournisseur d'accès Internet) connaîtra toujours votre adresse IP dans la mesure ou c'est lui qui vous la fournit.

    Dr. Laurent Moccozet,

    Dr. Jean-Henry Morin,

    Département des Systèmes d'Information,

    http://syinf.unige.ch/

    Université de Genève.

  • 3.11.2009

    Comment fonctionnent les sites de recherche de musique comme Midomi ou Shazam? (pascala, 47 ans)

    Ces moteurs de recherche en ligne sont spécialisés dans la reconnaissance de morceaux ou d’extraits de musique. Ils sont capables de reconnaître un morceau ou un extrait d’une chanson qu’il soit joué ou même simplement fredonné.

    La difficulté de ce type de services en ligne est bien entendu liée à la qualité de reconnaissance des morceaux de musique soumis, mais aussi au temps de réponse entre le moment où l’utilisateur soumet sa demande et le moment où il obtient la réponse. Ce temps de réponse dépend du temps de traitement informatique nécessaire pour fournir la réponse. Dans le cas d’un moteur de recherche de musique, il s’agit de comparer les données sonores soumises par l’utilisateur à une base de données qui contient un grand nombre de fichiers, chacun contenant un ensemble de données sonores. Ce traitement est potentiellement très couteux en ressources et en temps de calcul.

    Les documents multimédias comme les fichiers photos, sons et vidéos sont des documents qui contiennent énormément d’informations et qui comparativement à des documents textuels sont particulièrement lourds à traiter. En outre, alors qu'il est possible de comparer deux textes mot à mot pour savoir s’ils sont identiques, il n’en va pas de même pour un morceau de musique. Construire des services de recherche sur ce type de documents est donc bien plus complexe que pour des documents textuels.

    Il faut rappeler que les entreprises qui proposent ces services sont relativement discrètes sur le détail de fonctionnement de leur technologie.

    Shazam fonctionne sur le principe de « signature » ou d’ « empreinte ». Il est possible pour chaque morceau de musique d’établir une signature qui identifie le morceau. Cette signature se calcule non pas à partir de l’ensemble du morceau de musique mais à partir de sélections, de moments caractéristiques, ce qui permet d’optimiser les temps de calcul. La signature d’un morceau de musique va représenter une petite quantité de données comparativement au fichier son initial. Le principe de comparaison de deux sons revient non pas à les comparer directement, mais à comparer leurs signatures. Le principe est ensuite relativement simple : le service stocke un grand nombre de morceaux de musique pour lesquels la signature est précalculée. La base de données de Shazam est estimée à environ 8 millions de morceaux. Quand un utilisateur soumet un morceau de musique, sa signature est calculée puis comparée aux signatures des morceaux connus. Le morceau sélectionné est celui qui se rapproche statistiquement le plus du morceau cherché. Bien entendu, seuls les morceaux de musique qui ont été intégrés dans la base de données peuvent être reconnus.

    Il existe moins d’information sur Midomi. Ce service est basé sur ce qu’on appelle le « crowdsourcing », c'est-à-dire que les utilisateurs vont être sollicités pour construire la base de données qui est utilisée pour reconnaître les morceaux. Ce qui ne serait pas possible en pratique pour une entreprise seule (enregistrer des interprétations multiples de morceaux de musique), le devient en sollicitant l’ensemble des utilisateurs potentiels du service de recherche. Modomi demande donc à ses utilisateurs de s’enregistrer fredonnant un morceau de musique, ce qui lui permet de constituer sa base de données avec pour chaque morceau de musique plusieurs interprétations enregistrées. On peut ainsi dire que pour chaque morceau on dispose potentiellement d’un échantillon représentatif de toutes les façons de le jouer. Quand un utilisateur soumet sa chanson en la fredonnant, il est alors statistiquement possible de retrouver et de reconnaître la musique originale. La difficulté de ce type de service est que la qualité de ses résultats repose sur la taille de la base de données : plus il y aura de versions enregistrée pour un morceau donné, plus ce morceau pourra être potentiellement reconnu.

    Sur le même principe de « signature », il existe un moteur de recherche pour les images : http://www.tineye.com/. Il est possible de soumettre un fichier image/photo ou l’adresse Web d’un tel fichier et le moteur de recherche est capable de retrouver des images identiques ou des images dérivés ou des images qui contiennent l’image ou un extrait de l’image d’origine.

    Dr. Laurent Moccozet,

    Dr. Jean-Henry Morin,

    Département des Systèmes d'Information,

    http://syinf.unige.ch/

    Université de Genève.

Un doute? Demandez l'avis d'un expert!

Avant de poser votre question, merci de vérifier (à l'aide de la fonction «recherche») qu'elle n'a pas déjà été traitée.

Comment un pays peut-il bloquer Internet?

Contrairement à l'idée que l'on pourrait se faire, Internet n'est pas un réseau homogène, mais un réseau de réseaux: chaque pays est connecté au reste d'Internet par des connexions connues. C'est l'ensemble des connexions entre tous les pays qui créent la toile. Cependant, il «suffit» de couper, par la contrainte si nécessaire, les connexions qui relient un pays donné aux autres pour y «couper» Internet et ne plus permettre l'accès de et vers l'extérieur.

Il est aussi possible, sans couper les connexions, de les filtrer et d'empêcher certains accès extérieurs ou de surveiller les données qui y transitent, comme c'est le cas par exemple en Corée du Nord. A l'intérieur du pays, les accès sont offerts par des fournisseurs d'accès Internet (FAI) qui peuvent aussi être contrôlés par les autorités et par conséquent coupés si les FAI y sont contraints. Ces coupures finissent par entraîner un arrêt d'Internet plus ou moins complet à l'intérieur du pays.

L'Egypte aurait ainsi réussi à bloquer 88% du réseau Internet. En revanche, s'il s'agit d'un opérareur étranger fournissant par exemple un accès par satellite, il est plus difficile de le controler et ainsi de laisser passer des communications par ce canal.

Laurent Moccozet et Jean-Henri Morin Institut de science des services Université de Genève

Les réponses sont élaborées avec la collaboration de :