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  • Le développement durable

    Le développement durable

    116 questions

  • 1.3.2012

    Bonjour. Existe-t-il des voitures hybrides hydrogène/essence performantes? Vu qu'on peut produire de l'hydrogène avec de l'électricité et de l'eau, ne serait-ce pas une bonne solution pour diminuer la consommation de pétrole, surtout pour les pays qui produisent plus d'électricité qu'ils n'en consomment? (Stan, 25 ans)

    Les voitures à hydrogène n'existent qu'en prototype aujourd'hui. Une voiture hybride (avec deux moteurs) combinant l'hydrogène et l'essence ne fait pas beaucoup de sens parce que la combinaison de ces deux technologies réduirait le rayon d'action de la voiture. Peut-être pensez-vous plutôt à des véhicules bifuel qui fonctionneraient soit à l'essence, soit à l'hydrogène sur un même moteur. A l'heure actuelle, un moteur de ce type paraît improbable au vu des coûts élevés par rapport à d'autres technologies.

    De manière plus générale, l'électricité pour fabriquer l'hydrogène doit aussi être produite, souvent par des ressources fossiles ou nucléaires, voire du renouvelable. Les chaînes de rendement de la ressource jusqu'à la valorisation de l'hydrogène ("du puits à la roue") rendent ce type de voitures difficiles à développer et seront probablement intéressantes uniquement pour des utilisations bien spécifiques. Comme exemple, on peut imaginer le cas d'un développement massif de champs de panneaux photovoltaïques dans le désert, où l'hydrogène pourrait être un vecteur énergétique plus intéressant que l'électricité.

    Mais en dehors de cas spécifiques et de manière générale, il semble plus simple de stocker et de valoriser l'électricité directement plutôt que de devoir ajouter une transformation en hydrogène. D'ailleurs, les constructeurs axent leurs développements technologiques plutôt sur les hybrides électricité/essence ou les voitures 100% électriques.

    Stefan Hunziker et Jérôme Faessler, Université de Genève, Groupe énergie/Forel

  • 23.2.2012

    Pourriez-vous me dire brièvement quelles sont les principales différences entre le développement durable et le développement tout court? (Flike, 16 ans)

    La définition du développement dépend de la branche économique ou de la discipline scientifique qui définit le contexte. Par exemple, développement de l'enfant en pédiatrie, d'un organe en médecine, d'un organisme en biologie, développement des connaissances en pédagogie, ou encore une élaboration d'idées détaillée orale ou écrite, synonyme d'exposé. Dans une entreprise, on peut trouver des départements de recherche-développement de nouveaux produits.

    Le développement économique est une évolution positive : croissance ou changements structurels dans une zone géographique, ou liés à une population. Le développement économique engendre souvent l'enrichissement de la population et l'amélioration des conditions de vie, c'est pourquoi le développement économique est associé au progrès. Et c'est le plus souvent ce développement économique qu'on évoque si l'on parle de "développement" tout court.

    La croissance économique n'est qu'une des composantes du développement, et elle peut être mesurée à l'aide d’indicateurs comme le PIB (le produit intérieur brut), ou des indices plus élaborés, comme l'indice de développement humain, l'indicateur d'inégalités, etc. Si l'on parle de croissance, on vise généralement la croissance du PIB, qui est une vision réductionniste, mais son avantage est d'être simple et bien mesuré. Les statistiques des flux financiers sont élaborées dans tous les pays.

    Quand au développement dit durable, selon la définition proposée par la Commission mondiale sur l'environnement et le développement dans le rapport Brundtland ("Notre avenir à tous", rapport sous la direction de Gro Harlem Brundtland soumis à l'Assemblée générale des Nations Unies, adopté comme résolution 42/187 le 11 décembre 1987), le développement durable est le développement qui répond aux besoins du présent sans compromettre la capacité des générations futures à répondre à leurs propres besoins. Deux concepts sont inhérents à cette notion :

    1. le concept de "besoins", et plus particulièrement des besoins essentiels des plus démunis, à qui il convient d'accorder la plus grande priorité,

    2. l'idée des limitations que l'état de nos techniques et de notre organisation sociale impose sur la capacité de l'environnement à répondre aux besoins actuels et à venir.

    Donc, les besoins des plus démunis et des pays les plus pauvres devraient avoir une plus grande priorité que nos iPods, iPads et nos voitures puissantes, mais hélas, ce n'est pas le cas. Aussi, la capacité d'auto-régénération de la planète a déjà été atteinte il y a vingt ans et aujourd'hui, elle est dépassée d'environ 50%.

    Notre développement n'est pas durable et ne le sera pas tant qu'on privilégiera la croissance par rapport aux changements structurels issus d'une prise de conscience. Seul un tel revirement, s'il survient assez rapidement, peut encore sauver la planète.

    Roman Kanala, Université de Genève, Groupe climat

  • 19.12.2011

    Bonjour! Je souhaiterais faire un exposé sur le développement durable pour informer mes enfants âgés de 14 et 10 ans, ainsi que mon entourage, car je pense qu'ils ne sont pas conscients de l'importance de ce phénomène. Mais c'est tellement vague, que j'aimerais avoir un site assez complet là-dessus. Merci de bien vouloir m'aider. (Ninah, 36 ans)

    Bonjour,

    Vous trouverez sur le site Internet de la Fondation suisse d’éducation à l’environnement (FEE) de nombreuses informations utiles pour l’éducation au développement durable, et notamment des suggestions d’activités et des outils pédagogiques. Voici le lien :

    http://www.educ-envir.ch

    Francisco Marzoa, géographe, Université de Genève

  • 5.12.2011

    Bonjour, comment fait-on pour mesurer au niveau global la quantité de gaz à effet de serre rejetée par l'activité humaine, et celle provenant de processus naturels? (Bob, 17 ans)

    On mesure depuis plus d'un siècle les quantités de carbone et d’autres composants chimiques dans l'atmosphère. Depuis les années 1950, à l'Observatoire Mona Loa situé à 4'000 m d'altitude sur la Grande Ile de Hawaii, en plein milieu de l'Océan Pacifique et donc très loin des sources industrielles de gaz à effet de serre, on dispose de mesures quotidiennes très fiables. Celles-ci nous donnent un aperçu des fluctuations saisonnières, annuelles, et décennales du CO2 dans l'atmosphère, avec un constat sans appel : le CO2 augmente à un rythme d'un peu plus de 1% par année. C'est la fameuse "courbe de Keeling", nommée d’après le scientifique américain qui a mis en place le système d'observation à Mona Loa.

    Pour calculer la part de carbone émise par les activités humaines, on connaît selon le processus industriel en question (combustion, transformation de la matière première, etc.) quels sont les rejets de carbone par type d'activité. Par exemple, un moteur à essence consommant 7,5 l / 100 Km, avec une efficacité énergétique d'environ 30%, va libérer aux alentours de 150 g de CO2 par Km. D'autres machines et d'autres processus industriels vont libérer une quantité de carbone connue ; il s'agit alors de faire l'inventaire des sources d'émission et d'en faire le total. Le "reporting" des émissions par pays fait partie des obligations selon le Protocole de Kyoto, et par conséquent on a une assez bonne estimation des quantités de gaz à effet de serre émises annuellement et collectivement par les différents pays du monde.

    Si on connaît la charge de carbone injectée dans l'atmosphère, on peut en déduire la contribution de ces rejets anthropiques à l'augmentation mesurée selon la "courbe de Keeling". La différence entre la contribution humaine et la valeur mesurée permet d'en déduire la part des facteurs naturels. Cette part résiduelle comprend les émissions de carbone (par les volcans ou la décomposition de la végétation, par exemple) et l'absorption du carbone due à la photosynthèse par les plantes et par les micro-organismes marins. On estime à environ 20% la part de l'humain dans l'augmentation du carbone dans l'atmosphère, un chiffre en apparence faible mais suffisamment important pour déséquilibrer le cycle du carbone planétaire. Ainsi, la contribution humaine fait passer la quantité de carbone injectée dans l'atmosphère au-delà du seuil de ce que le système terrestre est capable d'absorber. On assiste alors à une accumulation continue de carbone, confirmée par les mesures de Mona Loa et d'ailleurs.

    Prof. Martin Beniston, Université de Genève, Groupe climat

  • 19.10.2011

    Quels sont les aspects du développement durable à prendre en compte dans un chantier de travaux publics? (Nourhan, 45 ans)

    Vaste question... car "un chantier public", sans autres précisions, a potentiellement beaucoup de dimensions (logistique, construction, consommation, etc.). Mais dans tous les cas, le chantier devrait prendre en compte les trois dimensions du développement durable (société, économie, environnement) et tenter de trouver un équilibre entre elles. De façon générale et sans rentrer dans des aspects techniques, voici quelques éléments de réponse.

    Au stade du projet, on peut évaluer l'objet même du chantier pour voir s’il est pertinent du point de vue du développement durable, et évaluer ses impacts sociaux, économiques et environnementaux probables, ce qui peut se faire à l'aide de petits logiciels du type Boussole 21 ou SméO (*). Durant la mise en oeuvre du chantier (je pense que c'est là l'objet de la question), et de manière non exhaustive, les aspects suivants devraient être considérés :

    Concernant les aspects environnementaux, il faut au minimum respecter les règlementations environnementales en vigueur (concernant la pollution de l’air, les émissions sonores, la contamination des sols, les impacts sur la faune et la flore, etc.), et si possible tenir compte aussi du management environnemental (norme ISO 14001), en assurant notamment :

    - La gestion des déchets de chantier : limitation, tri sélectif et recyclage des déchets sur place ou via des entreprises à proximité, utilisation des déchets de chantiers avoisinants (cf. les principes de l'écologie industrielle).

    - La gestion des émissions de CO2 : à travers les intrants et extrants du chantier, le type de matériaux utilisés (provenances, écobilans, labels, biodégradabilité, etc.), ainsi que la consommation engendrée par le chantier (engins, processus de construction).

    Concernant les aspects socio-économiques, il faut au minimum respecter les règlementations en matière de sécurité, de santé au travail, de rémunération des employés et des sous-traitants. En matière de responsabilité sociale (norme ISO 26000), on devrait aussi tenir compte des bonnes pratiques concernant les contrats publics, favoriser l’insertion professionnelle et minimiser les nuisances pour les riverains.

    Sylvain Perret, Université de Genève, Groupe écologie

    (*) SméO est un logiciel gratuit téléchargeable sur http://www.smeo.ch. Il s’agit d’un outil d'aide à la planification, à la réalisation et à l'exploitation de projets de construction selon les principes du développement durable. Ce logiciel propose une intégration transversale de la durabilité des projets en effectuant une analyse du cycle de vie des opérations.

  • 31.8.2011

    Pourquoi les voitures hybrides ne sont-elles pas aussi accessibles que les voitures à essence? (Tani, 14 ans)

    Une voiture hybride comporte en plus du moteur à essence/diesel un moteur électrique, une batterie pour ce moteur électrique, ainsi qu’un système de réglage qui gère les différents modes de propulsion (essence, électrique, et électrique-essence combinés). Tous ces systèmes supplémentaires rendent les voitures hybrides plus complexes à fabriquer, et donc plus chères.

    Stefan Hunziker, Université de Genève, Groupe énergie

  • 14.6.2011

    Pourquoi l'Homme a-t-il choisi d'assécher les zones humides? (Sephora, 12 ans)

    Il y a plusieurs raisons et il est difficile d'être exhaustif. Une de ces raisons a été le besoin de nouveaux terrains agricoles. Les grandes plaines marécageuses de Suisse, notamment les deltas fluviaux comme l'embouchure du Rhône dans le Chablais, la Plaine de l'Orbe, la Plaine de Magadino, le delta de la Reuss, mais aussi les plaines alluviales le long des cours d'eau dans les basses vallées alpines, ont été drainées pour pouvoir être cultivées. De cette façon, on a conquis de nouvelles surfaces cultivables de qualité, car le sol des terrains marécageux est très fertile, à brève échéance. Malheureusement, ce sol a tendance à se compacter assez rapidement et le tassement risque de créer des dépressions où l'eau peut à nouveau stagner : deux facteurs qui ne facilitent pas le travail agricole.

    Une autre raison a été l'utilisation de la tourbe. Par le passé, en Suisse et dans de nombreux autres pays, on a utilisé la tourbe comme combustible, au lieu du bois. En Suisse, cela s'est fait surtout à des époques où les forêts avaient été fortement exploitées et le bois de feu faisait défaut, ainsi que durant la Deuxième Guerre mondiale. Pour extraire la tourbe, il fallait d'abord assécher la tourbière, afin de rendre possible le travail. De nos jours, la tourbe est relativement peu utilisée comme combustible, mais elle est commercialisée comme amendement horticole. L'extraction de la tourbe n'est désormais plus pratiquée en Suisse, mais pour certains pays ce matériau reste une ressource énergétique ou économique importante. Cependant, la tourbe est un matériau qui se régénère très lentement et une tourbière dont le fonctionnement naturel a été perturbé peine à récupérer, même après avoir été remise en eau.

    Autrefois, on a également drainé certaines zones humides pour éviter le risque de maladies, notamment la malaria ou paludisme. Les marais étaient généralement considérés comme malsains et dangereux, même à nos latitudes, où cette maladie tropicale pouvait difficilement se répandre. Les zones humides étant l'espace vital des larves des moustiques, vecteurs de la malaria, leur assèchement permettait d'éliminer ces insectes ou d'en contenir la prolifération.

    Walter Rosselli, biologiste, Université de Genève

  • 6.6.2011

    Bonjour. Il existe beaucoup d'associations, en France par exemple, qui traitent des problèmes écologiques avec des animateurs qui parcourent les écoles, pour des journées d'information, des actions locales de nettoyage, etc. Connaissez-vous une association en Suisse romande qui propose de tels programmes? Merci. (sandrinebbt, 30 ans)

    Bonjour,

    Il existe en Suisse plusieurs institutions publiques et privées actives dans le domaine de l’éducation à l’environnement et au développement durable. C’est le cas notamment de la Plateforme suisse d’éducation à l’environnement, dont le site web fournit une vue d'ensemble des données et informations concernant ce sujet :

    http://www.educ-envir.ch

    Vous pouvez également consulter en ligne l’Index suisse de l’environnement, qui pour le domaine d’activité "éducation" vous fournira des renseignements utiles :

    http://cms2.unige.ch/index/environnement

    Francisco Marzoa, géographe, Université de Genève

  • 6.6.2011

    Est-ce que la récente catastrophe nucléaire au Japon a changé votre manière d'envisager les choses, d'un point de vue scientifique? (Why, 51 ans)

    Bonjour,

    Fukushima a certainement touché la communauté scientifique. Toutefois, ce n’est pas la première fois que la science se trouve confrontée à des désastres de cette ampleur. Il suffit de penser à Tchernobyl (industrie nucléaire) ou à la thalidomide* (industrie pharmaceutique).

    La recherche scientifique ouvre la voie à des applications qui permettent d’augmenter de manière significative le bien-être de la population. Il y a aussi des applications qui créent des risques plus ou moins importants. Les scientifiques doivent mettre en garde la société sur les risques provoqués par de telles applications (par exemple, l’énergie nucléaire). Ils doivent aussi mettre en lumière les marges d’incertitude (par exemple, les effets des radiations ionisantes sur la santé et le patrimoine génétique).

    En dernier ressort, il appartient à la société de décider si elle accepte de prendre certains risques. Dans certains cas, la décision est déléguée à des commissions de régulation nommées par le gouvernement. Dans d’autres cas, c’est l’autorité politique elle-même qui décide. Dans le cas suisse, le référendum a souvent permis au peuple de trancher.

    Franco Romerio, Université de Genève, Groupe énergie

    *Médicament utilisé dans les années 60 comme sédatif chez les femmes enceintes, à l’origine de graves malformations congénitales.

  • 11.5.2011

    Il y a quelques années, on parlait beaucoup de la fusion nucléaire comme source d'énergie de l'avenir. Cet espoir existe-t-il encore? (Hiro Shima, 51 ans)

    Bonjour,

    La fusion nucléaire est toujours à l'ordre du jour, mais vraisemblablement il n'y aura pas d'applications industrielles avant la deuxième partie de ce siècle. Et ce n'est même pas sûr. On n'est pas sorti de la phase de la recherche. Les marges d'incertitudes pour une technologie aussi complexe sont très élevées. L'espoir reste, mais c'est de la musique d'avenir. Les politiques énergétiques actuelles ne peuvent pas miser sur cette option.

    Franco Romerio, Université de Genève, Groupe énergie

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Qu'est-ce qu'une particule fine?

Une particule fine est une particule solide de taille très petite, en général moins de 10 microns (millionième de mètre), capable de rester en suspension dans l'air.

Souvent produites par la combustion du fuel lourd et du charbon, ces particules peuvent pénétrer loin à l'intérieur du corps humain, notamment dans les poumons par les voies respiratoires, et provoquer de nombreuses allergies, voire même des cancers.

Ces particules se trouvent en forte concentration dans des situations météorologiques stables, avec des vents trop faibles pour les disperser; c'est alors que les dangers pour l'être humain deviennent critiques.

Prof. Martin Beniston, Université de Genève, Groupe climat

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