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  • Le développement durable

    Le développement durable

    97 questions

  • 18.2.2010

    Quelles sont les conséquences du réchauffement climatique, ou dégradation climatique, sur le tourisme mondial et suisse? (Loïc, 18 ans)

    On peut envisager des aspects à la fois positifs et négatifs pour le tourisme mondial : dans les régions où les canicules risquent de se répéter plus fréquemment qu'aujourd'hui, le tourisme risque de souffrir, notamment dans le bassin méditerranéen où les étés risquent d'être trop chauds pour être aussi attractifs qu'aujourd'hui. En revanche, des régions considérées comme froides aujourd'hui, comme les zones de montagne, pourraient connaître un regain d'intérêt, en tant que "refuges de fraîcheur" permettant d'échapper aux chaleurs des régions de plaine. En Suisse, le ski sera très fortement touché en basse et en moyenne montagne à cause d'une neige plus aléatoire qu'aujourd'hui. Même si les étés pourraient attirer des touristes en quête de fraîcheur, il est peu probable que l'augmentation estivale puisse compenser économiquement la perte hivernale liée au manque de neige...

    Prof. Martin Beniston, Université de Genève, Groupe climat

  • 16.2.2010

    C'est quoi la croissance verte? (Sonia, 11 ans)

    La croissance est le processus d'augmentation de l’activité humaine, exprimée le plus souvent comme croissance du produit national brut. Le mot "vert" est souvent utilisé pour désigner les propriétés écologiques d'un produit, d'un processus ou d'un mode de vie.

    Les deux notions ont pendant longtemps été considérées comme contradictoires. Faire attention à la nature, qu’on croyait être une ressource infinie et gratuite, était perçu comme une contrainte. Aujourd'hui, on cherche comment améliorer la qualité de vie tout en préservant les ressources naturelles, et on parle alors de "croissance verte". Elle passe par des économies d'énergie, le recyclage, le compostage ou l’incinération des déchets au lieu de leur abandon dans des décharges, et les modes alternatifs de production, d'habitation et de transport.

    Par exemple, la meilleure utilisation d'une bouteille en plastique vide est son recyclage, car elle peut resservir pour la fabrication d’un autre objet en plastique, comme un téléphone ou un ordinateur portable. Son incinération est une moins bonne utilisation, car elle est définitive, mais elle permet encore de produire de la chaleur ou de l'électricité. Si une bouteille vide en PET finit dans une décharge, sans pouvoir être réutilisée, ou pire encore, quelque part dans la nature, c'est une perte. De façon similaire, prendre une douche à la place d'un bain, manger moins de viande, ou utiliser les transports publics au lieu de la voiture, sont des exemples où le confort n'est pas nécessairement diminué, mais les ressources naturelles sont épargnées.

    Roman Kanala, Université de Genève, Groupe climat

  • 16.2.2010

    Est-il vrai qu'il y a plus de problèmes de santé en ville qu'à la campagne, et que la mortalité y est plus grande? (Jeff, 15 ans)

    Avant l'époque de l'industrialisation, les villes étaient des lieux insalubres, avec des conditions d'hygiène qui offraient des opportunités idéales pour la transmission des maladies infectieuses. En revanche, à la campagne, on vivait dans la nature et on mangait plus sainement.

    Au XXème siècle, la tendance s'est renversée grâce aux découvertes scientifiques, les vaccins puis les antibiotiques, et aussi, bien sûr, grâce à l’élévation du niveau de vie et aux mesures sanitaires, qui ont permis d'éviter et de surmonter beaucoup de maladies. L'encadrement médical, avec l'accès aux spécialistes, est meilleur dans les grandes agglomérations. Par contre, les maladies "modernes" comme le stress, les maladies respiratoires causées par la pollution, les dépressions résultant de la solitude, avec l'aliénation due à l'anonymat des grandes villes, sont plus répandues dans les sociétés urbanisées.

    Dans le tiers-monde on retrouve une dynamique similaire, mais décalée de quelques décennies.

    Roman Kanala, Université de Genève, Groupe climat

  • 15.1.2010

    Y a-t-il des endroits plus propices que d'autres pour produire de l'énergie géothermique? (Bob, 13 ans)

    Oui, ce sont principalement les régions volcaniques. En y forant la croûte terrestre à de faibles profondeurs on peut souvent trouver des températures très élevées, allant parfois jusqu'à 300°C, alors que dans les autres régions du globe il faut forer à de grandes profondeurs pour trouver de telles températures. En Islande, par exemple, la géothermie est très largement exploitée pour le chauffage et la production d'électricité, car cette île se situe dans une zone où l’activité volcanique est très présente.

    Voici un site avec beaucoup d’informations utiles sur la géothermie : http://www.geothermie.ch

    Francisco Marzoa, géographe

  • 8.10.2009

    Au niveau mondial, quelles sont les quantités en tonnes de SO2 et de NOx rejetées dans l'atmosphère? (Pépé, 82 ans)

    Bonjour,

    Avant de répondre à votre question, je pense qu’il est important de préciser que pour les émissions, on distingue entre les émissions biogéniques, liées à l’activité naturelle (comme les émissions induites par les éruptions volcaniques), et les émissions anthropiques, liées à l’activité humaine (transports, production d’énergie, industries, etc.). Selon les espèces chimiques, les sources anthropiques jouent un rôle plus ou moins grand.

    Au total, on estime que la quantité de NOx émise dans l’atmosphère est de l’ordre de 50 millions de tonnes par an (l’oxygène atomique n’étant pas comptabilisé dans les émissions) et que plus de 80% des émissions de NOx sont d’origine anthropique (combustion des combustibles fossiles, trafic routier, défrichage, utilisation du bois de chauffage, utilisation d’engrais azotés, etc.).

    En ce qui concerne le dioxyde de soufre SO2, on peut dire qu’il y a davantage de SO2 émis mondialement par les activités humaines, avant tout par la combustion des combustibles fossiles - encore eux - (le charbon brut et le pétrole contiennent jusqu’à 4% de soufre!), que de SO2 émis à partir de sources naturelles (oxydation naturelle des composés soufrés issus des océans et des marais, processus biologiques, volcans, etc.).

    Il faut néanmoins noter que dans l’hémisphère Sud, moins industrialisé, les émissions naturelles dépassent les émissions anthropiques. Les émissions mondiales de composés soufrés (exprimées en SO2) sont estimées à 250 millions de tonnes par an.

    Serge Stoll, Université de Genève, Section des Sciences de la Terre et de l'environnement

  • 7.10.2009

    Quelles sont les conséquences des ouragans sur l'anthroposphère? (Valérie, 16 ans)

    Lorsqu'on parle de conséquence des ouragans sur l'anthroposphère, deux idées viennent à l'esprit : les dégâts humains et les dégâts matériels.

    Les ouragans sont bien sûr caractérisés par leurs vitesses de vent très importantes, mais ils sont souvent accompagnés de fortes pluies ou d’inondations qui provoquent parfois plus de dégâts que les vents eux-mêmes. Récemment, en 2005, l'ouragan Katrina a frappé la Louisiane, au Sud des États-Unis, provoquant la mort d'environ 2'000 personnes. De plus, l'ouragan a entraîné des inondations considérables, et toute la ville de la Nouvelle-Orléans s’est retrouvée sous les eaux, causant ainsi pour plusieurs milliards de dollars de dégâts matériels. Cet événement est un bon exemple des impacts destructeurs que peut avoir un ouragan sur l'anthroposphère.

    Toutes les régions du monde ne sont pas exposées de la même manière aux ouragans. Les pays du Tiers-monde sont passablement vulnérables, car les bâtiments sont généralement fragiles et sont donc rapidement détruits. Les pays situés sur les côtes sont les plus touchés, car ils sont exposés aux inondations. La Birmanie (cyclone Nargis en 2008, près de 90'000 morts) et les Philippines (cyclone Durian 2006, plus de 250 morts) sont des exemples récents de pays pauvres durement touchés par des cyclones récents.

    La Suisse aussi a été frappée par des ouragans violents. En février 1990, la tempête Vivian a sévèrement touché les Alpes, tandis qu'en décembre 1999, l'ouragan Lothar fut le plus violent à frapper la Suisse. Contrairement aux exemples précédents, ces deux événements n'ont presque pas fait de morts, mais essentiellement des dégâts sur les bâtiments ou les forêts. Les bâtiments en Suisse sont certes plus robustes que dans les pays pauvres, mais ils sont également nettement plus chers. Ainsi, des dégâts légers peuvent être très coûteux.

    Les ouragans ont donc des conséquences coûteuses en termes de vies humaines et de dégâts matériels, et ces conséquences sont diverses selon les régions du globe.

    Christophe Etienne, Université de Genève, Groupe Climat

  • 17.9.2009

    De quand date le concept de pollution? Dans quel contexte et comment est né ce concept? (Yowyow, 37 ans)

    Le mot "pollution" vient du verbe latin "polluere" et a été employé dès le bas Moyen Age. Il s'utilisait alors dans un contexte religieux et désignait une souillure ou une profanation. Ce n’est que dans la deuxième moitié du XIXe siècle - une période où l’Europe connaissait une grande expansion industrielle et urbaine - que ce terme a reçu sa signification actuelle : une contamination de l'environnement par des agents physiques, chimiques, ou biologiques.

    D'après le "Dictionnaire français d'hydrologie", le mot "pollution" aurait été employé pour la première fois dans son sens moderne en 1874 par le journaliste scientifique Henri de Parville, pour parler de la contamination des eaux de la Seine. Quelques années plus tard, en 1886, le professeur de la Faculté des sciences de Paris Emile Duclaux a repris le terme dans son livre "Le microbe et la maladie", en évoquant les problèmes liés à la salubrité de l’eau.

    On est ainsi passé d’une signification sacrée et morale à une signification profane et scientifique : en effet le concept de pollution joue maintenant un rôle central dans les sciences de l’environnement, et selon les contextes il est parfois défini de façon assez technique. C’est le cas notamment dans le domaine du droit de l’environnement, car lorsqu’il s’agit d’établir des réglementations en matière de pollution, les normes doivent définir très précisément les substances considérées comme polluantes et les seuils de contamination.

    Francisco Marzoa, géographe

  • 13.8.2009

    Bonjour, En tenant compte des conséquences du réchauffement climatique sur la disponibilité des ressources, des besoins des autres êtres vivants et des besoins socio-économiques de l'Homme, quel est la population maximale que notre planète peut faire vivre dignement? Merci de votre réponse! (Claudia, 45 ans)

    La réponse à cette question dépend de ce qu'on considère comme vivre dignement. Si vivre dignement signifie avoir de quoi manger et pouvoir se loger à l'abri du froid, de la pluie et du vent, ce but est atteint par 75% de la population mondiale. Si c'est le confort matériel et l'épanouissement personnel, même si cela doit passer par une consommation frénétique et le gaspillage, c'est le privilège d'environ 1% de la population mondiale.

    Les humains vivent-ils dignement juste aujourd'hui? Sur notre planète, 17% de la population est sous-alimentée et 1% meurt de faim. Pendant ce temps, 15% de la population mondiale souffre d'obésité. 17% de la population mondiale manque d’accès à de l'eau potable, 18% est illettrée, 1% a fait des études universitaires, et 10% possède un ordinateur avec accès à Internet. Donc la réponse pour la population maximale est entre 2 et 40 milliards selon le mode de vie.

    L'évolution de la population est telle que d'un milliard de personnes au début du XIXème siècle nous sommes passés à 1,7 milliards vers 1900, à 2,5 milliards vers 1950 et à 6 milliards en 2000. La population mondiale atteindra 7 milliards l'année prochaine. Le progrès technologique et les changements de mode de vie augmentent le nombre de personnes que la Terre peut nourrir : par exemple si nous étions tous des chasseurs, il y aurait assez d'animaux seulement pour 100 millions d'êtres humains. Mais le potentiel d'intensification de la production agricole et les possibilités de croissance de la consommation d'énergie ne sont pas sans limites.

    La capacité d'auto-régénération de la biosphère a été atteinte il y a 20 ans environ, et aujourd'hui elle est dépassée de 20 à 30%.

    Quelques références intéressantes :

    http://mdgs.un.org

    http://www.ocde.org

    http://www.unesco.org/fr/literacy

    http://geodata.grid.unep.ch

    http://www.prb.org

    http://www.nationmaster.com

    http://fr.wikipedia.org/wiki/Thomas_Robert_Malthus

    Roman Kanala, Université de Genève, Groupe climat

  • 3.7.2009

    Y a-t-il sur Terre des endroits encore inhabités? (Greg, 11 ans)

    Oui, il existe encore des espaces terrestres qui ne sont pas ou très peu habités. On peut distinguer deux catégories : les espaces impropres aux activités humaines en raison de leur accès difficile ou de leurs conditions climatiques extrêmes (jungles denses et îles isolées, zones arides, arctiques ou de hautes montagnes), et les espaces protégés par les législations nationales ou des traités internationaux (comme les diverses réserves naturelles et le continent antarctique).

    Cependant, les espaces libres de toute activité humaine tendent à se réduire : les hausses du prix des matières premières et le progrès technique font qu’il devient parfois rentable d’exploiter les ressources présentes dans des zones auparavant inhabitées. Et lorsqu’il s’agit d’espaces protégés, la tentation est grande de modifier ou de contourner les lois destinées à préserver la faune et la flore des dégâts causés par cette exploitation et l’afflux de nouvelles populations.

    Francisco Marzoa, géographe

  • 24.6.2009

    Que peux faire l'Homme pour préserver la biodiversité? (Anne-So, 14 ans)

    La biodiversité est en fait une réalité assez complexe. Elle ne se résume pas à la diversité des espèces vivantes (animaux, végétaux, bactéries, champignons...) qui peuplent la planète, mais elle englobe également la diversité des milieux naturels (différentes sortes de forêts, de prairies, de lacs...), ainsi que la diversité génétique des individus appartenant à une même espèce (tous les individus d’une même espèce ne sont pas identiques).

    De plus, la majeure partie de la biodiversité est cachée à nos yeux, ou très difficile à percevoir. On pense ainsi que plus de 80% des espèces vivant sur Terre sont des organismes formés d’une seule cellule (bactéries, etc.) ou des animaux invertébrés de petite taille (insectes, etc.).

    La biodiversité, c’est aussi un ensemble de relations qui existent entre les espèces (par exemple les insectes qui pollinisent certaines fleurs), mais aussi entre les espèces et leur milieu (par exemple les arbres de la forêt qui empêchent le sol d’être érodé).

    Il y a donc un grand nombre de moyens qui s’offrent à l’espèce humaine pour tenter de préserver les différentes facettes de la biodiversité. En effet, la grande majorité de nos actions les plus courantes (se nourrir, se déplacer, se chauffer, se loger...) entraînent directement ou indirectement la modification d’un milieu naturel ou la mise à contribution d’une ou de plusieurs espèces vivantes.

    A un niveau individuel, on peut ainsi :

    - choisir les moyens de déplacement les plus respectueux de l’environnement,

    - choisir des aliments produits et transportés de façon non dommageable pour l’environnement,

    - éviter d’acheter des produits dont on sait que leur fabrication entraîne la destruction massive de milieux naturels et d’espèces (par exemple les bois exotiques provenant des forêts tropicales),

    - apporter son soutien ou son concours à des associations qui cherchent à protéger des espèces ou des milieux naturels, ou encore à restaurer ces derniers.

    Enfin, ce qui menace beaucoup la biodiversité, c’est l’ignorance. Une action primordiale est sans doute d’apprendre à mieux connaître et à mieux comprendre l’environnement naturel qui nous entoure et à partager cette connaissance. On ne peut préserver que ce que l’on connaît.

    Emmanuel Castella, Université de Genève, Institut Forel

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Qu'est-ce qu'une particule fine?

Une particule fine est une particule solide de taille très petite, en général moins de 10 microns (millionième de mètre), capable de rester en suspension dans l'air.

Souvent produites par la combustion du fuel lourd et du charbon, ces particules peuvent pénétrer loin à l'intérieur du corps humain, notamment dans les poumons par les voies respiratoires, et provoquer de nombreuses allergies, voire même des cancers.

Ces particules se trouvent en forte concentration dans des situations météorologiques stables, avec des vents trop faibles pour les disperser; c'est alors que les dangers pour l'être humain deviennent critiques.

Prof. Martin Beniston, Université de Genève, Groupe climat

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