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  • Le développement durable

    Le développement durable

    100 questions

  • 18.6.2010

    Bonjour. Qu’est-ce que le forage offshore? Pourquoi est-il risqué? (Sandro, 13 ans)

    Les forages offshore sont des forages effectués en mer – le mot anglais offshore signifie "loin des côtes" – à l’aide de plateformes fixes ou flottantes. Ces plateformes permettent la prospection et l’exploitation de gisements de pétrole ou de gaz naturel situés sous les fonds marins. Les plateformes flottantes, opérant parfois assez loin du littoral, sont plus vulnérables que les plateformes fixes car elles ne s’appuient pas sur le fond et sont fortement soumises aux variations de l’environnement marin dans lequel elles se trouvent (marées, courants, houle, tempêtes). Quant aux plateformes fixes, elles peuvent être particulièrement affectées par les tremblements de terre si elles sont situées dans des zones à fort risque sismique. A cela il faut ajouter l’éventualité d’une négligence humaine, comme une mauvaise manoeuvre ou le non remplacement de matériel en mauvais état.

    Les dégâts provoqués sur une plateforme pétrolière par des causes naturelles ou humaines peuvent entraîner des fuites de pétrole si la tête de puit ou les réservoirs de stockage sont endommagés. Si ces fuites représentent un volume important et ne sont pas rapidement colmatées, elles peuvent aboutir à la formation d’une marée noire avec des conséquences catastrophiques pour l’environnement, surtout si le pétrole atteint les côtes d’une région dont les écosystèmes sont particulièrement fragiles. C’est pour cette raison que plusieurs pays ont interdit ou limité les forages pétroliers offshore. Cependant, la hausse des prix du pétrole et la volonté de réduire la dépendance vis-à-vis des importations peuvent inciter certains Etats à assouplir leur législation, malgré les risques que cela implique.

    Francisco Marzoa, géographe, Université de Genève

  • 6.5.2010

    J'aimerais que l'on arrête un peu d'abattre tous ces arbres pour du papier. L'idée : le chanvre, qui serait très solide pour le papier ainsi que pour faire des vêtements. Bonne idée ou pas? (Aurélie, 27 ans)

    Bonjour Aurélie,

    Là, vous avez lancé un pavé dans la mare. Le chanvre est un peu comme une panacée écologique. C'est une des plantes qui produisent le plus de biomasse à l'hectare et elle ne nécessite presque aucun soin. Son cycle de croissance est très court : 3 à 4 mois. Le chanvre est résistant au froid, ses racines profondes trouvent de l'eau même pendant une sécheresse et il poussera là où on ne peut plus cultiver ni le coton, ni le maïs ou le soja. La culture du chanvre n'appauvrit pas le sol et il peut prospérer pendant de longues années sans diminution de rendement. Plus important encore, aucun herbicide, fongicide, insecticide ou engrais chimique n'est nécessaire.

    L'huile de graine de chanvre est celle qui a le plus de protéines après l’huile de fève de soja. La teneur en huile dépasse celle de toutes les autres graines (34%), et elle contient beaucoup d'acides gras essentiels très importants pour la santé. La biomasse de chanvre est un excellent combustible, son huile peut être utilisée pour le chauffage ou comme carburant diesel, car elle ne contient pratiquement pas de souffre, et elle est aussi employée dans la composition de savons et de produits de nettoyage biodégradables. Le chanvre donne des tissus plus résistants et plus absorbants que le coton. La découverte de l’Amérique a été rendue possible grâce aux cordages et aux voiles de chanvre. Le mélange chanvre-chaux est utilisé comme matériel de construction léger, isolant, fongicide et non comestible par les rongeurs. Grâce à ses fibres longues, il peut remplacer le bois dans les produits composites tels que les agglomérés ou les bois compressés, et servir pour la production de plastiques biodégradables comme le cellophane, de plus son huile peut être polymérisée en résine plastique de qualité.

    Mais c'est en effet comme matière première pour la fabrication du papier que le chanvre pourrait redevenir un excellent substitut du bois. Le papier de chanvre est plus résistant que celui fabriqué à partir du bois, il peut être recyclé plusieurs fois avant que ses fibres ne cassent, et comme il ne contient que très peu de lignine, substance qui fait jaunir le papier et le rend fragile, pas besoin de le blanchir au chlore. On a retrouvé des feuilles de papier de chanvre vieilles de 1500 ans, et il a été utilisé aussi pour la première bible de Gutenberg ainsi que pour la Déclaration d'indépendance des USA. Le chanvre permet d'obtenir, en 140 jours, plus de papier à l'hectare que des arbres de 20 ans. Hélas, le papier de chanvre est aujourd'hui un produit de luxe et 90% du papier courant est composé de fibres de bois.

    Pourquoi alors ne cultivons nous pas cette plante miraculeuse partout où on le peut? Certaines variétés connues sous le nom de cannabis contiennent beaucoup de TétraHydroCannabinol (THC), drogue psychotrope qui cause une altération des perceptions et une diminution de la motricité et de la coordination. A long terme, elle engendre de la dépendance, des pertes durables de capacités cognitives, de concentration et de mémoire. Contrairement à l'alcool, le THC peut encore avoir des effets plusieurs jours après la dernière consommation, car il est stocké dans les graisses. Dans de nombreux pays, sa consommation constitue un délit pénal. En Suisse, il est interdit depuis 2005 de donner du chanvre à consommer aux vaches, chèvres et moutons, afin de préserver la qualité et la réputation du lait suisse.

    Au Canada, la culture du chanvre industriel se pratique depuis 1998. La licence est octroyée aux cultivateurs pour les variétés approuvées à faible teneur en THC. En Europe, 60% des surfaces consacrées à la culture du chanvre industriel se situent en France, suivie par l'Allemagne et le Royaume-Uni.

    Roman Kanala, Groupe climat

  • 26.4.2010

    Comment Emile Duclaux a-t-il défini la pollution? Comment Henri de Parville a-t-il défini la pollution? La pollution a-t-elle été définie par un juge? (Alex, 18 ans)

    Peu avant la fin du XIXe siècle, l’époque où le terme "pollution" a commencé à être employé avec son sens actuel, le concept de pollution n’avait pas encore été défini de façon précise, tel qu’il le sera au cours de la deuxième moitié du XXe siècle, surtout au niveau des normes légales.

    Les juges interviennent lorsque des cas de pollution ou de contamination ayant causé des dommages importants débouchent sur des poursuites judiciaires. Ils doivent alors déterminer les responsabilités et éventuellement prononcer des sanctions si les lois en matière de pollution ont été enfreintes.

    La législation dans ce domaine varie parfois fortement d’un pays à l’autre, mais il existe cependant des réglementations internationales en matière de pollution, établies par des conventions entre plusieurs Etats afin par exemple de limiter le rejet de substances contaminantes dans les océans et l'atmosphère.

    Francisco Marzoa, géographe, Université de Genève

  • 18.2.2010

    Quelles sont les conséquences du réchauffement climatique, ou dégradation climatique, sur le tourisme mondial et suisse? (Loïc, 18 ans)

    On peut envisager des aspects à la fois positifs et négatifs pour le tourisme mondial : dans les régions où les canicules risquent de se répéter plus fréquemment qu'aujourd'hui, le tourisme risque de souffrir, notamment dans le bassin méditerranéen où les étés risquent d'être trop chauds pour être aussi attractifs qu'aujourd'hui. En revanche, des régions considérées comme froides aujourd'hui, comme les zones de montagne, pourraient connaître un regain d'intérêt, en tant que "refuges de fraîcheur" permettant d'échapper aux chaleurs des régions de plaine. En Suisse, le ski sera très fortement touché en basse et en moyenne montagne à cause d'une neige plus aléatoire qu'aujourd'hui. Même si les étés pourraient attirer des touristes en quête de fraîcheur, il est peu probable que l'augmentation estivale puisse compenser économiquement la perte hivernale liée au manque de neige...

    Prof. Martin Beniston, Université de Genève, Groupe climat

  • 16.2.2010

    C'est quoi la croissance verte? (Sonia, 11 ans)

    La croissance est le processus d'augmentation de l’activité humaine, exprimée le plus souvent comme croissance du produit national brut. Le mot "vert" est souvent utilisé pour désigner les propriétés écologiques d'un produit, d'un processus ou d'un mode de vie.

    Les deux notions ont pendant longtemps été considérées comme contradictoires. Faire attention à la nature, qu’on croyait être une ressource infinie et gratuite, était perçu comme une contrainte. Aujourd'hui, on cherche comment améliorer la qualité de vie tout en préservant les ressources naturelles, et on parle alors de "croissance verte". Elle passe par des économies d'énergie, le recyclage, le compostage ou l’incinération des déchets au lieu de leur abandon dans des décharges, et les modes alternatifs de production, d'habitation et de transport.

    Par exemple, la meilleure utilisation d'une bouteille en plastique vide est son recyclage, car elle peut resservir pour la fabrication d’un autre objet en plastique, comme un téléphone ou un ordinateur portable. Son incinération est une moins bonne utilisation, car elle est définitive, mais elle permet encore de produire de la chaleur ou de l'électricité. Si une bouteille vide en PET finit dans une décharge, sans pouvoir être réutilisée, ou pire encore, quelque part dans la nature, c'est une perte. De façon similaire, prendre une douche à la place d'un bain, manger moins de viande, ou utiliser les transports publics au lieu de la voiture, sont des exemples où le confort n'est pas nécessairement diminué, mais les ressources naturelles sont épargnées.

    Roman Kanala, Université de Genève, Groupe climat

  • 16.2.2010

    Est-il vrai qu'il y a plus de problèmes de santé en ville qu'à la campagne, et que la mortalité y est plus grande? (Jeff, 15 ans)

    Avant l'époque de l'industrialisation, les villes étaient des lieux insalubres, avec des conditions d'hygiène qui offraient des opportunités idéales pour la transmission des maladies infectieuses. En revanche, à la campagne, on vivait dans la nature et on mangait plus sainement.

    Au XXème siècle, la tendance s'est renversée grâce aux découvertes scientifiques, les vaccins puis les antibiotiques, et aussi, bien sûr, grâce à l’élévation du niveau de vie et aux mesures sanitaires, qui ont permis d'éviter et de surmonter beaucoup de maladies. L'encadrement médical, avec l'accès aux spécialistes, est meilleur dans les grandes agglomérations. Par contre, les maladies "modernes" comme le stress, les maladies respiratoires causées par la pollution, les dépressions résultant de la solitude, avec l'aliénation due à l'anonymat des grandes villes, sont plus répandues dans les sociétés urbanisées.

    Dans le tiers-monde on retrouve une dynamique similaire, mais décalée de quelques décennies.

    Roman Kanala, Université de Genève, Groupe climat

  • 15.1.2010

    Y a-t-il des endroits plus propices que d'autres pour produire de l'énergie géothermique? (Bob, 13 ans)

    Oui, ce sont principalement les régions volcaniques. En y forant la croûte terrestre à de faibles profondeurs on peut souvent trouver des températures très élevées, allant parfois jusqu'à 300°C, alors que dans les autres régions du globe il faut forer à de grandes profondeurs pour trouver de telles températures. En Islande, par exemple, la géothermie est très largement exploitée pour le chauffage et la production d'électricité, car cette île se situe dans une zone où l’activité volcanique est très présente.

    Voici un site avec beaucoup d’informations utiles sur la géothermie : http://www.geothermie.ch

    Francisco Marzoa, géographe, Université de Genève

  • 8.10.2009

    Au niveau mondial, quelles sont les quantités en tonnes de SO2 et de NOx rejetées dans l'atmosphère? (Pépé, 82 ans)

    Bonjour,

    Avant de répondre à votre question, je pense qu’il est important de préciser que pour les émissions, on distingue entre les émissions biogéniques, liées à l’activité naturelle (comme les émissions induites par les éruptions volcaniques), et les émissions anthropiques, liées à l’activité humaine (transports, production d’énergie, industries, etc.). Selon les espèces chimiques, les sources anthropiques jouent un rôle plus ou moins grand.

    Au total, on estime que la quantité de NOx émise dans l’atmosphère est de l’ordre de 50 millions de tonnes par an (l’oxygène atomique n’étant pas comptabilisé dans les émissions) et que plus de 80% des émissions de NOx sont d’origine anthropique (combustion des combustibles fossiles, trafic routier, défrichage, utilisation du bois de chauffage, utilisation d’engrais azotés, etc.).

    En ce qui concerne le dioxyde de soufre SO2, on peut dire qu’il y a davantage de SO2 émis mondialement par les activités humaines, avant tout par la combustion des combustibles fossiles - encore eux - (le charbon brut et le pétrole contiennent jusqu’à 4% de soufre!), que de SO2 émis à partir de sources naturelles (oxydation naturelle des composés soufrés issus des océans et des marais, processus biologiques, volcans, etc.).

    Il faut néanmoins noter que dans l’hémisphère Sud, moins industrialisé, les émissions naturelles dépassent les émissions anthropiques. Les émissions mondiales de composés soufrés (exprimées en SO2) sont estimées à 250 millions de tonnes par an.

    Serge Stoll, Université de Genève, Section des Sciences de la Terre et de l'environnement

  • 7.10.2009

    Quelles sont les conséquences des ouragans sur l'anthroposphère? (Valérie, 16 ans)

    Lorsqu'on parle de conséquence des ouragans sur l'anthroposphère, deux idées viennent à l'esprit : les dégâts humains et les dégâts matériels.

    Les ouragans sont bien sûr caractérisés par leurs vitesses de vent très importantes, mais ils sont souvent accompagnés de fortes pluies ou d’inondations qui provoquent parfois plus de dégâts que les vents eux-mêmes. Récemment, en 2005, l'ouragan Katrina a frappé la Louisiane, au Sud des États-Unis, provoquant la mort d'environ 2'000 personnes. De plus, l'ouragan a entraîné des inondations considérables, et toute la ville de la Nouvelle-Orléans s’est retrouvée sous les eaux, causant ainsi pour plusieurs milliards de dollars de dégâts matériels. Cet événement est un bon exemple des impacts destructeurs que peut avoir un ouragan sur l'anthroposphère.

    Toutes les régions du monde ne sont pas exposées de la même manière aux ouragans. Les pays du Tiers-monde sont passablement vulnérables, car les bâtiments sont généralement fragiles et sont donc rapidement détruits. Les pays situés sur les côtes sont les plus touchés, car ils sont exposés aux inondations. La Birmanie (cyclone Nargis en 2008, près de 90'000 morts) et les Philippines (cyclone Durian 2006, plus de 250 morts) sont des exemples récents de pays pauvres durement touchés par des cyclones récents.

    La Suisse aussi a été frappée par des ouragans violents. En février 1990, la tempête Vivian a sévèrement touché les Alpes, tandis qu'en décembre 1999, l'ouragan Lothar fut le plus violent à frapper la Suisse. Contrairement aux exemples précédents, ces deux événements n'ont presque pas fait de morts, mais essentiellement des dégâts sur les bâtiments ou les forêts. Les bâtiments en Suisse sont certes plus robustes que dans les pays pauvres, mais ils sont également nettement plus chers. Ainsi, des dégâts légers peuvent être très coûteux.

    Les ouragans ont donc des conséquences coûteuses en termes de vies humaines et de dégâts matériels, et ces conséquences sont diverses selon les régions du globe.

    Christophe Etienne, Université de Genève, Groupe Climat

  • 17.9.2009

    De quand date le concept de pollution? Dans quel contexte et comment est né ce concept? (Yowyow, 37 ans)

    Le mot "pollution" vient du verbe latin "polluere" et a été employé dès le bas Moyen Age. Il s'utilisait alors dans un contexte religieux et désignait une souillure ou une profanation. Ce n’est que dans la deuxième moitié du XIXe siècle - une période où l’Europe connaissait une grande expansion industrielle et urbaine - que ce terme a reçu sa signification actuelle : une contamination de l'environnement par des agents physiques, chimiques, ou biologiques.

    D'après le "Dictionnaire français d'hydrologie", le mot "pollution" aurait été employé pour la première fois dans son sens moderne en 1874 par le journaliste scientifique Henri de Parville, pour parler de la contamination des eaux de la Seine. Quelques années plus tard, en 1886, le professeur de la Faculté des sciences de Paris Emile Duclaux a repris le terme dans son livre "Le microbe et la maladie", en évoquant les problèmes liés à la salubrité de l’eau.

    On est ainsi passé d’une signification sacrée et morale à une signification profane et scientifique : en effet le concept de pollution joue maintenant un rôle central dans les sciences de l’environnement, et selon les contextes il est parfois défini de façon assez technique. C’est le cas notamment dans le domaine du droit de l’environnement, car lorsqu’il s’agit d’établir des réglementations en matière de pollution, les normes doivent définir très précisément les substances considérées comme polluantes et les seuils de contamination.

    Francisco Marzoa, géographe, Université de Genève

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Qu'est-ce qu'une particule fine?

Une particule fine est une particule solide de taille très petite, en général moins de 10 microns (millionième de mètre), capable de rester en suspension dans l'air.

Souvent produites par la combustion du fuel lourd et du charbon, ces particules peuvent pénétrer loin à l'intérieur du corps humain, notamment dans les poumons par les voies respiratoires, et provoquer de nombreuses allergies, voire même des cancers.

Ces particules se trouvent en forte concentration dans des situations météorologiques stables, avec des vents trop faibles pour les disperser; c'est alors que les dangers pour l'être humain deviennent critiques.

Prof. Martin Beniston, Université de Genève, Groupe climat

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