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Proposé par

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La biologie
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Le corps humain
235 questions
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6.9.2011
Cette question est particulière et traite de la sexualité animale par rapport à celle des humains. Une pensée très répandue chez les hommes de ma génération est que les animaux se reproduisent en violant leurs femelles et que, par conséquent, la reproduction humaine pourrait se faire ainsi. En d'autres termes, que nous n'avons pas à chialer quand nous nous faisons violer, car c'est la nature. On m'a répondu cela de nombreuses fois. Est-ce vrai? (anonyme, 25 ans)
Cette question m'a profondément troublé, au point où je me suis demandé si c'était une victime de viol qui parle: auquel cas, le seul conseil à lui donner est de porter plainte.
En tout état de cause, les hommes de votre génération auxquels vous faites allusion sont de sombres crétins et leur argument relève d'un anthropomorphisme primaire. D'abord, parce que la notion de viol est inapplicable en dehors d'un contexte humain. Pour donner un exemple simple, la sexualité des animaux domestiques ne nous apparaît certes pas d'un romantisme affriolant, mais le matou qui se ferait trop entreprenant auprès d'une chatte non réceptive se prendra une torgnole en retour. Ensuite, parmi les comportements "naturels" des animaux, lesquels représentent une excuse pour les humains? J'imagine la plaidoirie d'un tueur en série:" Mais votre Honneur, j'ai soigneusement observé le chat de mon voisin, malgré qu'on lui donne la pâtée tous les jours, il massacre allégrement les oiseaux qui passent à sa portée et nul doute qu'il a un rush d'adrénaline totalement jouissif. Comme moi. Je ne fais donc qu'imiter la Nature".
L'idée que les comportements animaux sont d'une façon ou d'une autre moralement exemplaires est un cas particulièrement grossier d'une erreur de raisonnement que les philosophes appellent le "paralogisme naturaliste". C'est la croyance fausse que, de la simple description d'un état de choses, on peut tirer une norme de comportement. Mais les hommes dont vous parlez n'ont probablement rien à cirer de la philosophie...
Prof. Alex Mauron
Institut d'éthique biomédicale
Faculté de Médecine
Université de Genève
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5.9.2011
Pourquoi les sodas font-ils grossir? (Gino, 58 ans)
Ils ont une quantité trop importante de sucre. Une canette de cola, de limonade ou dorangeade contient environ 10 à 12 morceaux de sucre.
Mais alors, comment cela se fait-il quon arrive à les avaler sans difficulté? On na aucun problème à engloutir un soda car les fabricants ajoutent un acidifiant qui masque en partie le goût sucré. On a donc limpression que ça soulage la soif (désaltère). Ce qui est faux: à la fin, on a encore plus soif!
Vaut-il mieux boire un jus de fruit? Non. Cest tout aussi sucré. En fait, il vaut mieux manger un fruit car il y a des fibres qui font que labsorption est plus lente. Le sucre rentre moins vite dans le corps et cest plus sain.
Que devient tout ce sucre? Le corps fait dabord des réserves dans le foie et les muscles. Ensuite, lexcès de sucrei se transforme en graisse. Enfin, si on en boit beaucoup, des bourrelets peuvent apparaître dès le plus jeune âge. Pas besoin dattendre ladolescence. Et ce nest pas tout, les sodas ne font pas seulement grossir, ils se déposent sur les dents et provoquent des caries!
Et les boissons "light" ou "zéro"? Elles contiennent des substances qui donnent un goût sucré (édulcorants artificiels). En même temps que notre cerveau repère ce goût sucré, notre organisme comprend quil ny a pas de sucre et va en chercher ailleurs, par exemple dans des biscuits.
Mais que boire alors? Lidéal est de boire de leau car cette boisson hydrate notre corps. Il est en effet composé de 60% deau et il faut compenser chaque jour les pertes dues à la sueur ou à la respiration. Il y a une grande concentration de sucre à lintérieur de notre corps, cest pourquoi il faut lui amener de leau pour le diluer.
Du coup, si on boit un verre de soda trop, chargé en sucre, il faudrait boire un verre deau avec pour diluer tout ce sucre. Le bon plan? Que les sodas restent une exception: pour une fête, un anniversaire ou au restaurant!
Nathalie Farpour-Lambert \
Hôpitaux universitaires de Genève
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4.8.2011
"Le tabac est néfaste pour la santé." Est-ce qu'un individu lambda peut consulter une étude scientifique qui démontre ce fait? Si oui, où doit-il s'adresser? (Frischeluft, 51 ans)
Les méfaits du tabac sont très bien documentés tant dans les différentes spécialités médicales (cardiologie, pneumologie, etc.) que dans le domaine de l'épidémiologie. Il existe en effet un grand nombre d'études qui tendent à démontrer que le tabac est extrêmement nocif. Ces études sont pour la plupart accessibles à tous par le biais des publications dans les revues scientifiques. Sur Internet, des moteurs de recherche vous permettront de trouver ces références.
On peut par exemple citer l'étude longitudinale faite pendant 40 ans sur plus de 30'000 médecins anglais qui a permis d'estimer les conséquences des habitudes tabagiques sur la mortalité. [Source: Doll R, Peto R, Wheatley K, Gray R, Sutherland I. (1994). Mortality in relation to smoking : 40 yearsobservations on male British doctors. BMJ 1994 ; 309 : 901-911].
Bien sûr, si la lecture d'articles au jargon spécifique vous rebute, certains sites vous permettront d'accéder à une information simple mais documentée [www.stop-tabac.ch, www.sucht-info.ch, etc.].
Grégoire Monney
Institut de médecine sociale et préventive
Faculté de médecine
Université de Genève
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7.7.2011
Bonjour. Pourquoi ne peut-on traiter que le mélanome avec le système immunitaire et pas d'autres types de cancer? Il me semble que ce traitement est assez prometteur, mais encore en phase expérimentale au CHUV. Qu'en est-il ? Salutations. (Battant, 28 ans)
Il ny a plus aucun doute que notre système de défense, appelé système immunitaire, est capable de nous protéger contre le développement et la croissance des cancers. Limmunothérapie, ou plutôt les immunothérapies, ont pour but dexploiter cette propriété naturelle afin de traiter des maladies cancéreuses établies. Votre question est particulièrement pertinente et je vous prie de trouver ci-dessous quelques éléments de réponse.
Il existe plusieurs stratégies, dont lobjectif est dexploiter les propriétés naturelles du système immunitaire ou de les copier. Ce type dapproche peut donc sappliquer à lensemble des pathologies cancéreuses et non seulement aux mélanomes. Si certaines règles vont être communes pour lensemble des cancers, certains aspects des immunothérapies seront différents si lon sadresse à une tumeur se développant dans la peau ou dans le cerveau, ou encore dans un autre organe.
Vous avez cependant tout à fait raison: on parle particulièrement de cette nouvelle approche thérapeutique dans le cadre du mélanome, pour plusieurs raisons. Tout dabord, il sagit probablement dune tumeur qui est naturellement «immunogène», c'est-à-dire capable de déclencher une réponse immunitaire. On peut par exemple observer la régression spontanée de ce type de cancer sous leffet de certaines cellules du système immunitaire appelées lymphocytes T. Lautre raison de la meilleure visibilité du mélanome dans le domaine de limmunothérapie est indiscutablement une meilleure connaissance des relations entre cette tumeur et le système immunitaire, en partie liée à laccessibilité de ce type de tumeur à de fréquentes biopsies et, donc, à une analyse approfondie.
Dans les mois à venir sera commercialisé un anticorps qui permet de «doper» les lymphocytes T. Cet anticorps a montré dans les études cliniques quil permettait daméliorer le pronostic des patients souffrant de mélanome métastatique. Il sagit là dune première étape prometteuse, et il est hautement probable que dautres immunothérapies vont voir le jour dans le cadre du mélanome, mais également dautres tumeurs. Il ne faut cependant pas attendre un médicament miracle pour lensemble des cancers, mais le développement de multiples approches spécifiques à chaque pathologie tumorale. Les 10 années à venir devraient nous permettre de déterminer la place des immunothérapies dans les stratégies thérapeutiques globales contre le cancer et les progrès actuels laissent entrevoir de très belles perspectives.
Prof. Pierre-Yves Dietrich
Médecin Chef du Centre dOncologie
Hôpitaux Universitaires de Genève
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7.7.2011
Le sang dans notre corps est-il bleu? (nouvo)
On dit de la noblesse quelle a le sang bleu, mais c'est faux. En fait, le sang est rouge. Rouge vif quand il est chargé avec de l'oxygène (c'est le sang artériel qui transporte cet oxygène vers les tissus), et rouge foncé une fois quil a délivré son oxygène aux cellules du corps (c'est le sang veineux, qui retourne des tissus vers les poumons pour être à nouveau oxygéné).
Les premiers qui prétendaient avoir du sang bleu étaient les rois d'Espagne, au dixième siècle. Les veines de ces derniers, d'origine Wisigothe et pâles parce que souvent à l'intérieur, donnaient à travers leur peau blanche une impression de bleu. Et ce, dautant plus en comparaison de la population, exposée au soleil en raison du travail des champs, dont bon nombre étaient dorigine Maure.
Prof. Bengt Kayser
Faculté de Médecine
Université de Genève
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4.7.2011
Pourquoi le bâillement est-il communicatif et à quoi sert-il? Merci! (Lise, 29 ans)
Que le fait de bâiller fasse bâiller les autres, c'est vrai. Et nous ne sommes pas la seule espèce! En effet, c'est un comportement partagé avec non seulement des mammifères, mais également des oiseaux et même des poissons et reptiles. Ceci indique quil sagit dun comportement ancien, qui est apparu il y a longtemps dans l'évolution. On ne connait pas vraiment la raison du bâillement et pourquoi il est communicatif. Peut-être que cela augmente la vigilance du groupe envers d'éventuels dangers? Peut-être que l'étirement qui l'accompagne souvent conditionne les muscles pour mieux pouvoir agir? Il y a encore d'autres hypothèses, toutes non confirmées, mais l'hypothèse ancienne -que cela sert à oxygéner le cerveau- est probablement fausse. Les chercheurs cherchent et cherchent encore à comprendre, et cela peut en faire bâiller certains .
Prof. Bengt Kayser
Faculté de Médecine
Université de Genève
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27.6.2011
L'éjaculation est-elle une nécessité biologique? Peut-on se passer d'éjaculer sans qu'un rêve, par exemple, mette fin à l'abstinence? (triclo, 20 ans)
Le liquide séminal (sperme) est produit de façon continue dès la puberté. Il contient des éléments nourriciers pour les spermatozoïdes, tels que le calcium, le magnésium, le phosphore, le potassium et le zinc. Bien quils soient favorables aux spermatozoïdes, lhypothèse a été émise que leur accumulation pourrait être néfaste. Il a même été suggéré que leur élimination lors de fréquentes éjaculations diminuerait le risque de cancer de la prostate, mais cela reste encore un sujet controversé. Il est toutefois important de mentionner que le fait de ne pas avoir déjaculations fréquentes naugmente pas le risque de développer un cancer de la prostate.
La principale nécessité biologique de léjaculation semble donc surtout être liée à sa fonction première, qui est dassurer la procréation.
Guillaume Mühlebach, doctorant
Section de biologie
Université de Genève
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15.6.2011
Bonjour. Si une mère décide d'avorter, peut-elle faire don de son embryon à la recherche ou à la médecine? (Battant, 28 ans)
Il est effectivement possible quon demande le consentement pour un projet de recherche à une femme qui souhaite avorter. Ce projet aura été validé par une Commission dEthique et le consentement libre et éclairé (après avoir été informée de la nature du projet) sera un préalable indispensable à ce don. Actuellement, à ma connaissance, il ny a pas de projet de recherche en cours dans le canton de Genève impliquant des embryons.
Prof Michel Boulvain
Hôpitaux Universitaires de Genève
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14.6.2011
Pourquoi l'Homme est-il sensible à la bactérie Escherichia coli entérohémorragique, alors qu'elle semble exister sans problèmes dans le tube digestif d'animaux? Les animaux ont-ils développé des défenses et lesquelles? Ces défenses sont-elles exploitables pour soigner les patients atteints? Merci. (Pascal, 40 ans)
LHomme est sensible à la toxine produite par les souches dE. coli entérohémorragiques. Cette toxine, une fois libérée par les bactéries, se fixe sur des récepteurs particuliers (dénommés Gb3) présents sur certaines cellules humaines, mais absents sur les cellules animales. Cest la raison pour laquelle ces souches dE. coli subsistent, notamment chez les bovins, sans les rendre malade. Le bétail est dailleurs un réservoir important de souches dE. coli entérohémorragiques. Labsence deffet de cette toxine sur les animaux nest donc pas dû à un mécanisme de résistance à proprement parler, mais simplement à une absence de cible de cette toxine. Des études montrent que ladministration danalogues chimiques de ce récepteur permet de bloquer leffet de la toxine, en la piégeant.
Dr. Karl Perron
Section de biologie
Université de Genève
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30.5.2011
Jusquà quel âge grandit-on? PS: je suis une femme. Merci davance. (lydia, 22 ans)
Chez les filles, la croissance s'accélère au début de la puberté, qui correspond au début du développement des seins. A ce moment, le gain de taille est de l'ordre de 7-9 cm par an. Après l'apparition des règles, la croissance va ralentir et, généralement, les filles cessent de grandir vers l'âge de 15-16 ans, soit environ 2 ans après l'apparition des règles.
Dr. Patrick Meyer
Département de médecine interne
Hôpitaux Universitaires de Genève
Un doute? Demandez l'avis d'un expert!
Avant de poser votre question, merci de vérifier (à l'aide de la fonction «recherche») qu'elle n'a pas déjà été traitée.
Noirs ou Blancs, avons-nous les mêmes ancêtres?
Les ancêtres lointains des humains à peau très foncée viennent soit d'Afrique, au sud du Sahara, soit d'Asie du Sud, soit de certaines îles d'Océanie, comme l'Australie et la Nouvelle Guinée. Bien sûr, aujourd'hui, et après toutes les migrations de l'histoire humaine, il naît des gens à peau foncée dans pratiquement tous les pays du monde.
On s'est demandé pendant longtemps si les humains à peau foncée étaient les descendants d'une «race noire» qui se serait séparée des autres humains et dispersée à travers le monde il y a très longtemps. Ou bien si les populations à peau claire seraient issues de populations à peau plus foncée, originaires d'Afrique.
On sait aujourd'hui que ces deux idées sont fausses parce que les patrimoines génétiques des populations foncées d'Afrique, d'Asie et d'Océanie sont très différents entre eux et chacun bien plus proche de celui des populations à peau plus claire du même continent.
Ceci veut dire que la petite population de la préhistoire qui, il y a peut-être 100 000 ou 150 000 ans, a commencé à conquérir tout l'ancien monde, avait sans doute une couleur de peau unique, dont on ignore tout, mais que ses descendants ont changé de couleur moyenne de peau selon les lieux où ils ont migré et vécu pendant la préhistoire.
Ceux qui se sont installés longtemps sous les tropiques ont acquis, en quelques milliers d'années, des peaux plus foncées; ceux qui sont partis vers les régions froides ont acquis des peaux plus claires, sans doute mieux adaptées à la synthèse, à travers la peau, de la vitamine D. Et ceci aussi bien chez les Orientaux ou les Océaniens que chez les Européens ou les Africains.
Prof André Langaney Université de Genève












