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    49 questions

  • 5.5.2010

    Bonjour! Je voulais savoir s’il y a de l’oxygène le jour comme la nuit, car j’ai peur de ne pas avoir assez d’oxygène. (flo, 10 ans)

    Dans l’air qui nous entoure, il y a environ 20,9% d’oxygène et ce pourcentage est le même peu importe où l’on se trouve, à l’intérieur, à la montagne, dans la forêt ou dans la ville. Ce pourcentage est le même jour et nuit et nous ne manquons pas d’oxygène, à condition d’avoir des poumons et un cœur qui sont en bonne santé. Il existe des maladies qui gênent le transfert de l’oxygène de l’air à travers le poumon et le cœur jusque vers les organes qui en ont besoin pour brûler du sucre et de la graisse afin d’obtenir suffisamment d’énergie pour leur fonctionnement. Parfois, ce manque d’oxygène dû à une maladie peut se ressentir un peu plus la nuit que le jour parce que l’on à tendance à respirer un peu moins quand on dort. Mais une personne en bonne santé ne manquera pas d’oxygène la nuit.

    Il y a une exception, la très haute altitude, où la densité de l’air devient si faible que, malgré un pourcentage qui se situe toujours à 20,9, la quantité absolue d’oxygène dans un volume d’air inspiré devient si faible que le corps peut commencer à en manquer. Mais, pendant le sommeil dans la vallée, pas besoin de s’inquiéter!

    Prof. Bengt Kayser

    Faculté de Médecine

    Université de Genève

  • 5.5.2010

    Est-il vrai que la corne d'abondance (Craterellus cornucopioides)a un effet positif sur le diabète? Si oui, pourquoi? (Nicool, 29 ans)

    Craterellus cornucopioides est le nom scientifique d’un champignon comestible appelé corne d’abondance ou, plus souvent, trompette de la mort. Divers journaux ont évoqué les bénéfices pour la santé d’une consommation régulière de tels aliments, notamment en raison du fait que les champignons contiennent des anti-oxydants qui pourraient prévenir certaines maladies, en particulier cardio-vasculaires. Néanmoins, à ma connaissance, il n’y a pas d’étude scientifique humaine sérieuse ayant montré un bénéfice à consommer de tels champignons sur la prévention ou le traitement du diabète. Les champignons restent toutefois une très bonne alternative aux légumes verts pour varier les plats, puisqu’ils sont pauvres en calories, en sucres et en graisses, mais contiennent des protéines, des minéraux, des fibres et des vitamines.

    Dr. Patrick Meyer

    Département de médecine interne

    Hôpitaux Universitaires de Genève

  • 22.12.2009

    J'ai deux questions concernant l'évolution des formes de reproduction: comment les unicellulaires sont-ils passés d'une mitose individuelle à une reproduction pluricellulaire, et comment s'est fait précisément le passage entre asexué et sexué? (Anaïs, 19 ans)

    L'invention de la reproduction sexuée doit remonter à très longtemps. Même les unicellulaires comme la levure du boulanger possèdent une reproduction sexuée. Beaucoup de ces espèces peuvent se reproduire des deux manières. De plus, il y aussi des métazoaires (des organismes pluricellulaire) qui utilisent la reproduction asexuée. Tout le monde connaît par exemple la reproduction par bourgeonnement chez les plantes.

    Prof. Didier Picard

    Faculté des Sciences

    Université de Genève

  • 27.11.2009

    Comment fonctionne un vaccin? (nati, 24 ans)

    Les vaccins contre la grippe saisonnière comportent les trois souches de virus dont on pense qu'elles sont les plus susceptibles de circuler pendant l'hiver. Les virus sont tués, fragmentés, et les vaccins contiennent seulement les antigènes de surface purifiés.

    Après l'injection, des globules blancs spécialisés reconnaissent ces antigènes comme étant "étrangers". Activés par cette reconnaissance, ces globules blancs transportent les antigènes vers les ganglions, où commence la fabrication d'anticorps et de cellules capables de neutraliser les virus et d'éliminer les cellules infectées.

    La protection commence environ 2 semaines après la vaccination, pour atteindre son maximum après 4 semaines.

    Dr Claire-Anne Siegristr, Université de Genève

  • 9.11.2009

    Pour expliquer la venue des hommes sur la terre, les scientifiques avancent la théorie de l'évolution. Mais alors pourquoi les animaux ne continuent-ils pas d'évoluer? C'est comme si on avait pressé sur le bouton "stop" de l'évolution. (line.34, 26 ans)

    L'évolution qui a conduit à l'Homme et à toutes les autres espèces présentes aujourd'hui a pris du temps! Par exemple, on estime que la divergence entre la lignée de l'Homme et celle du chimpanzé a eu lieu il y a 5 à 7 millions d'années. Au cours d'une génération humaine on ne peut donc pas observer de changements évolutifs comparables à l'apparition d'un type morphologique complètement nouveau. En revanche, on peut mettre en évidence des changements évolutifs plus fins dans des populations animales récemment adaptées à un nouvel environnement (pigmentation pour le camouflage, adaptation à la température chez les insectes). Des populations de moustiques sont devenues résistantes à un insecticide dans la deuxième moitié du XXème siècle. On a même pu identifier les mutations impliquées. Donc l'évolution est toujours en marche et on peut l'observer!

    Dr. Jean-Michel Gibert

    Faculté des Sciences

    Université de Genève

  • 17.8.2009

    Ceci n'est pas une question. Je souhaiterais juste féliciter toute l'équipe qui s'occupe de rechercher, rédiger, vulgariser et publier ces réponses. Votre travail est vraiment formidable et j'ai pu à plusieurs reprises bénéficier des connaissances apportées. Je vous remercie donc, de ma part et sans doute celle de nombreux internautes, pour cette belle initiative. (Anaïs, 19 ans)

    A mon tour de vous remercier! C'est justement l'enthousiasme de personnes telles que vous qui nous soutiennent dans cet effort collectif. Nous sommes d'ailleurs enchantés d'avoir de tels commentaires de la part des personnes qui fréquentent ce forum.

    Dr. Lara Pizurki

    Pôle de recherche national Frontiers in Genetics

    Université de Genève

  • 17.8.2009

    L'homme descend du singe, ou tout du moins d'une forme de vie qui s'en approche. C'est presque devenu un fait pour tout le monde. Mais qu'en est-il du fameux chaînon manquant? A quoi ressemblerait-il? Pourquoi l'homme ne peut-il pas descendre "directement" du singe, sans autre étape intermédiaire? Et enfin, comment expliquer que ce chaînon soit manquant, alors qu'on retrouve des fossiles de formes de vie bien plus anciennes? (Maïana, 16 ans)

    Voici la réponse à vos différentes questions:

    - L'homme descend du singe, ou tout du moins d'une forme de vie qui s'en approche. C'est presque devenu un fait pour tout le monde.

    L'homme EST un singe. L'homme et les chimpanzés sont plus proches l'un de l'autre qu'ils ne le sont du gorille. Appeler "singe" les gorilles et chimpanzés et exclure l'homme de ce vocable n'a pas de sens (à part si l'on souscrit au classique anthropomorphisme). Ou alors il faut aussi exclure les chimpanzés des "singes" (et les appeler des "hommes"?). Bien entendu, on peut définir l'homme par sa culture, son langage, sa technologie (agriculture, etc) ... mais alors nous parlons de périodes extrêmement récentes (disons 30.000 ans) ... et certains animaux ont une culture, des techniques, des outils.

    - Mais qu'en est-il du fameux chaînon manquant ?

    Quel chaînon manquant? L'homme et le chimpanzé sont extrêmement proches du point de vue génétique. Il existe de nombreux fossiles intermédiaires entre les hommes et les espèces qui les ont engendrés. La notion de "chaînon manquant" est souvent mal utilisée: sensu stricto, il existera toujours des "chaînons manquants" ... sauf si l'on a accès à tous les individus (toute la filiation, tout le pedigree) menant d'une espèce ancestrale à l'espèce dérivée. Il n'existe pas le moindre problème conceptuel à comprendre que les singes dits "supérieurs" ont engendré l'espèce humaine (mais aussi les chimpanzés, les gorilles, les orangs-outangs, etc).

    - A quoi ressemblerait-il ? Pourquoi l'homme ne peut-il pas descendre "directement" du singe, sans autre étape intermédiaire ?

    L'homme, un singe, descend directement de formes plus anciennes de singes. Il existe des centaines de fossiles qui permettent de comprendre, en gros, la filiation des êtres humains parmi les singes. Je ne comprends donc pas la question.

    - Et enfin, comment expliquer que ce chaînon soit manquant, alors qu'on retrouve des fossiles de formes de vie bien plus anciennes?

    Il n'y a pas de "chaînon manquant" dans le sens "grosse lacune ne permettant pas d'imaginer la filiation entre formes ancestrales et formes dérivées".

    Prof. Michel Milinkovitch

    Faculté des Sciences

    Université de Genève

  • 22.7.2009

    Peut-on utiliser des espèces vivantes pour découvrir le degré de pollution d'une rivière? Et pourquoi? (XX)

    La qualité de l’eau ou le degré de pollution d’une rivière peut être déterminé par des analyses chimiques et/ou biologiques. Des analyses chimiques prennent beaucoup de temps et fournissent des résultats qui ne reflètent que la situation correspondant à l’instant du prélèvement. Au contraire, les organismes vivants intègrent les conditions du milieu sur une longue durée.

    Différentes associations de plantes et d'animaux caractéristiques sont présentes selon, par exemple, la charge organique d'une rivière (eaux d’égout). En règle générale, dans une eau propre et bien oxygénée, on trouvera un nombre d'espèces (diversité) plus grand que dans une eau polluée, alors que le nombre d'individus (abondance) y sera plus faible.

    Les macroinvertébrés d'eau douce (insectes, mollusques, crustacés, vers et autres organismes) sont de très bons indicateurs biologiques de la qualité de l'eau car ils sont présents pratiquement dans toutes les rivières et incluent des espèces (ou groupes d'espèces) sensibles et d'autres résistants à une pollution de l'eau. Ainsi, on peut utiliser les associations d'espèces recensées et leur nombre pour en déduire un indice de bonne ou de mauvaise qualité de l'eau.

    En écologie appliquée, une évaluation standardisée (l'indice biologique IBGN) basée sur les macroinvertébrés est très largement utilisée pour qualifier le degré de pollution des rivières. D'autres organismes comme les diatomées (algues siliceuses), les plantes aquatiques, les vers oligochètes sont également utilisés, seuls ou dans des indices combinés.

    Dr. Dominique Auderset Joye

    Laboratoire de biologie aquatique et écologie

    Université de Genève

  • 10.7.2009

    Quelles ont été les grandes épidémies de ces dernières années ? (jordan, 16 ans)

    C'est un exercice difficile, car pour les personnes concernées, le traumatisme d'une épidémie ne se mesure pas à son étendue: il peut y avoir catastrophe avec un nombre limité de cas.

    On pense aux épidémies récurrentes du virus Ebola en Afrique centrale (1976, 1994, 2003, 2005) qui sont passées inaperçues, à l'exception de celle de 1994. Pour les populations locales, ce sont de grandes épidémies, puisque la mortalité est de plus de 50%. Il en est de même pour les virus provoquant des fièvres hémorragiques, comme le virus de la fièvre de Lassa (1969, 1996).

    L'épidémie du virus Chikungunya, à la Réunion en 2006, est encore dans les esprits. Près du tiers de la population a été infectée et même si la mortalité a été limitée, les conséquences sur la santé (douleurs graves et persistantes des articulations) en a fait une grande épidémie.

    La grippe aviaire H5N1 est encore un exemple d'un autre type. H5N1 est un virus aviaire et il n'a pas eu et n'a toujours pas le potentiel de faire une épidémie chez l'humain. Pourtant depuis son apparition sur les marchés de Hong Kong en 1997, il fait l'objet d'une surveillance méticuleuse digne d'un agent de grande épidémie. C'est ici la possibilité qu'il acquière forme humaine, c'est-à-dire qu'il se propage d'homme à homme, qui compte, puisque, quand il infecte l'homme (près de 300 cas répertoriés depuis 1997), il provoque une infection mortelle dans 60% des cas.

    La grande épidémie de ces 30 dernières années restent sans nul doute l'épidémie du VIH. Identifié en 1981, le virus, qui trouve son origine chez les singes africains, s'est répandu sur la planète et continue sa progression. En 2007, on dénombrait 33 millions de personnes infectées avec 2.5 millions de nouveaux cas. Dans la même année, plus de 2 millions de personnes meurent du SIDA provoqué par le VIH. Depuis le début de l'épidémie, 25 millions de personnes ont succombé à la maladie.

    On pourrait encore citer pour les virus, l'épidémie du virus de l'hépatite C. Non identifié jusqu'en 1989, le virus s'est répandu par les transfusions sanguines. A ce jour on estime à plus de 150 millions le nombre de personnes infectées. Comme la maladie causée par ce virus apparaît 30-40 ans après l'infection originale, on attend une grande épidémie d'hépatites dans les 2 prochaines décennies.

    On n'a pas parlé des épidémies provoquées par les bactéries. Presque chaque année, des épidémies de choléra éclatent touchant des dizaines de milliers de personnes avec un taux de mortalité élevé (Zimbabwe, 2009). La tuberculose réapparaît en force, dont l'agent résiste aux traitements. On aura compris que cette liste n'a pas la prétention d'être exhaustive, mais illustrative.

    Pour en savoir plus, sur l'actualité des épidémies:

    http://www.who.int/csr/don/fr/index.html

    Prof. Laurent Roux

    Faculté de Médecine

    Université de Genève

  • 10.7.2009

    Comment mesure-t-on le degré d'une pandémie? (paul, 15 ans)

    On entend ici le degré de sévérité, et non les différentes étapes par lesquelles l'OMS passe avant de déclarer qu'il y a pandémie (cf. ci-dessous). Une pandémie est une épidémie dont l'étendue est planétaire. Elle est donc caractérisée par la capacité à atteindre potentiellement tous les individus vivant sur la terre. Même si tous ces individus ne sont pas atteints, le nombre est forcément plus grand que lors d'épidémies locales impliquant des populations limitées. A partir de cette caractéristique on peut déjà dériver deux critères de sévérité.

    Le premier est le pourcentage de personnes touchées. Une pandémie est jugée plus sévère, si elle concerne 20% de la population plutôt que 3%.

    Un deuxième critère est celui de la rapidité avec laquelle la vague pandémique se déplace et par conséquent atteint les populations. La gestion des effets délétères de la vague pandémique sera d'autant plus difficile que tous les individus atteints le sont dans un temps plus court. Si le nombre de personnes atteintes est important, les systèmes de santé seront d'autant plus sollicités, et peut-être débordés, lorsque les malades doivent être soignés en même temps.

    Finalement un troisième critère est bien sûr le degré de dommages causé par l'agent pandémique. On comprend aisément qu'un agent qui cause une fièvre modérée pendant deux à trois jour va faire une pandémie moins sévère qu'un agent qui provoque un taux de mortalité élevé, ceci quels que soient le taux de personnes atteintes et la rapidité avec laquelle la vague pandémique se déplace.

    Pour l'estimation des degrés d'alerte qui précèdent la déclaration de la pandémie, on peut se référer à un document de l'OMS :

    http://www.who.int/csr/disease/avian_influenza/phase/fr/index.html

    Prof. Laurent Roux

    Faculté de Médecine

    Université de Genève

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Comment les plantes communiquent-elles? (Lola, 15 ans)

Les plantes n'ont pas une forte nécessité à devoir communiquer puisqu'elles ne peuvent pas faire grand chose de l'information transmise, étant donné qu'elles ne peuvent pas se déplacer.

En conséquence, il semble que les plantes ne communiquent généralement pas entre elles. Toutefois, il existe des cas particuliers. Le mieux connu est celui des Acacias dans la savane, qui relâchent des substances dans l'air lorsqu'elle sont broutées. En effet ces plantes sont alors capables de produire assez rapidement des tanins qui rendent leurs feuilles plus ou moins non comestibles et éloignent donc les animaux tels que les girafes ou antilopes. Le signal chimique ainsi relâché peut être «perçu» par l'arbre voisin qui est sous le vent et qui va alors produire ces tanins et devenir non comestible avant même d'avoir été brouté par l'herbivore.

Ainsi on peut considérer que ces acacias communiquent d'un individu à l'autre par un signal chimique transmis par l'air. Mais il est difficile de dire qu'il s'agit d'une vraie communication, dans le sens où elle n'est pas volontaire mais probablement accidentelle. D'ailleurs les animaux ont tôt fait pour comprendre et contourner cette communication: les herbivores de ces savanes ont dès lors le comportement suivant: ils passent d'un arbre à l'autre contre le vent.

Enfin, il faut préciser qu'une communication est théoriquement possible entre individus par le sol, puisque les racines des arbres, notamment, sont souvent reliées entre elles par des mycorhizes (filaments de champignons). Toutefois, c'est un champ de recherche qui n'a jamais été vraiment exploré et dont on ne sait pratiquement rien.

Un autre exemple actuellement étudié est celui du maïs qui, lorsqu'il est attaqué car certaines chenilles, relâche une substance volatile dans l'air. Celle-ci peut être captée par une espèce particulière de guêpe qui suit l'odeur jusqu'au maïs et qui va s'attaquer à la chenille qu'elle détruit, «sauvant» ainsi le maïs. Là encore, on pourrait parler de communication entre une plante qui appelle à l'aide et un insecte qui vient la sauver. Or, il s'agit également d'une communication secondaire, liée au fait qu'un insecte comprend que telle odeur signifie qu'il y a un ver qui est bon à prendre.

Cela a probablement renforcé le relâchement de cette «odeur» par le maïs, dont les pieds capables de produire cette odeur ont été privilégiés par rapport à ceux qui ne la produisaient pas ou peu. De même, les guêpes capables de détecter l'odeur ont été favorisées par rapport aux autres. Ce sont des exemples de sélection naturelle et de co-évolution, mais est-ce de la communication?

Prof. Daniel Jeanmonod

Conservatoire et Jardin botaniques

Ville de Genève

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